Le monde à ses pieds, un roman de Géraldine Maillet

La foire aux vanités. L’histoire vraie du mannequin Ruslana Korshunova, adulée à 16 ans et qui s’est suicidée à 20 ans...

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La foire aux vanités. L’histoire vraie du mannequin Ruslana Korshunova, adulée à 16 ans et qui s’est suicidée à 20 ans. Tragique.

 

Ruslana Korshunova n’a que 16 ans lorsqu’elle est parachutée sur la planète mode. De la ville d’Almaty, au Kazakhstan, où elle est née, la voilà en une de tous les magazines, où elle expose sa candeur adolescente comme un fantasme pour adultes. Karl Lagerfeld a senti la chair fraîche, il la veut alors tout le monde la veut. Un jour encensée, un autre humiliée, Ruslana gagne un maximum de fric en perdant un maximum de repères. Si malmené, cet ange aux yeux pailletés d’or ne pouvait que se brûler les ailes. En plus, la petite Cendrillon moderne, qui roule en voiture avec chauffeur et dort dans des quatre-étoiles, n’a ni prince charmant ni famille sur qui compter. Elle crève de solitude.

Le fait divers C’est en apprenant le suicide par défenestration de Ruslana que Géraldine Maillet décide d’enquêter. A partir de cette histoire vraie, elle signe Le monde à ses pieds , un huitième roman écrit d’une façon cinématographique avec des dialogues percutants et des portraits brossés au vitriol.

L’auteur A 37 ans, Géraldine Maillet connaît son sujet. Du haut de son mètre quatre-vingt-deux, elle a défilé pour les plus grands dans les années 1990. Jeune retraitée des podiums depuis 1998, elle vit désormais de sa plume. C’est donc avec une grande aisance qu’elle s’est glissée dans la peau d’une jeune femme propulsée dans un monde qui provoquera sa chute en 2008.

La faille L’une était blonde, l’autre est brune. La Slave a succombé, la Toulousaine a survécu. A quoi ça tient? A un détail, à une faiblesse, à rien. Ou peut-être au déracinement que toutes les mannequins de l’Est qui débarquent à Paris ou à Milan connaissent à un moment.

La phrase «Les filles les plus en vogue ressemblent à des zombies sous assistance respiratoire, elles titubent sur des stilettos, frôlent la fracture de hanche à chaque pas, blushent leurs joues déjà creusées et fument pour oublier de manger.»

Le monde à ses pieds, de Géraldine Maillet, Ed Grasset.

 

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