Le Londres-Louxor, un roman de Jakuta Alikavazovic

Esme, jeune femme fantomatique, fréquente la diaspora bosniaque dans un cinéma parisien désaffecté, le Londres-Luxor. Déracinée, elle a fui la Bosnie...

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Par Julien Burri


Esme, jeune femme fantomatique, fréquente la diaspora bosniaque dans un cinéma parisien désaffecté, le Londres-Luxor. Déracinée, elle a fui la Bosnie, un pays «qui n’existe plus», et tombe amoureuse d’un Lausannois, Antony, né lui dans un pays «qui n’existe pas» (parce qu’il n’a pas participé à la Grande Histoire, isolé dans sa neutralité). Dans ce cinéma des années 20, énigmatique comme un tombeau égyptien, déroutant comme un labyrinthe de miroirs, elle cherche des nouvelles de sa sœur, disparue du côté de Zurich.

La Française Jakuta Alikavazovic, 31 ans, née à Paris d’une mère bosniaque et d’un père monténégrin, signe son troisième livre. Des références pour initiés et un manque d’action concrète peuvent lasser, malgré l’excellente plume de l’auteur. Elle parvient également à faire ressentir l’expérience de la perte, le trou que la guerre creuse dans les générations futures, enlevant aux rescapés leur épaisseur, les réduisant à des ombres.

Le Londres-Louxor, de Jakuta Alikavazovic, Ed. de l’Olivier, 189 p.

 

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