Dossiers
Un jeune physicien italien fait vibrer la péninsule avec un premier roman très protestant.
Son titre à lui seul intrigue et séduit: La solitude des nombres premiers. Rien à voir avec un essai de mathématique, même si l’auteur rédige actuellement son doctorat en physique théorique! Non, il s’agit du destin de deux êtres, Mattia et Alice, traumatisés tout petits, qui se rencontreront comme tels au long de leur vie d’ados et de jeunes adultes. Deux solitudes façonnées dans la distance aux parents et le silence sur le traumatisme fondateur. L’une trahie par la claudication et l’anorexie, l’autre par la surdouance et l’automutilation. N’étaient les noms et prénoms des autres personnages, profs, écoliers, pères, mères, collègues, on se croirait dans un roman suédois. C’est que le romancier vient du nord de l’Italie, de Turin, et que sa voix explore le registre abyssal des non-dits. Les Italiens ont adoré sa tonalité contemporaine et sérieuse à la fois. Le roman a remporté le prix Strega l’an dernier pour les 27 ans de son auteur.
La phrase: Elle avait l’impression de ne pas avoir de passé, de ne pas savoir d’où elle venait. Elle était fatiguée, de cette fatigue que seul le vide procure.
La solitude des nombres premiers, Paolo Giordano, Ed. du Seuil, 329 p.






















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