Dossiers
La Genevoise Mathilde Fontanet transcende la solitude contemporaine.
Sous les surfaces moroses de nos vies couvent parfois des braises ardentes. Karine, 45 ans, se sent indésirable, affligée de voir sur son visage «le masque atterrant» des années. Il suffit d’une aube passée au bord d’un étang avec un inconnu, Allan, pour que sa beauté refleurisse. Cette rencontre sans suite illuminera sa vie, comme un phare lointain mais persistant. Les personnages des nouvelles de Mathilde Fontanet, professeur à l’Uni de Genève, sont souvent des anonymes transparents et fragiles. Un microévénement vient soudain éclairer leur vie de l’intérieur, parfois seulement un bref instant, mais qu’importe: il transcende leur solitude. Une femme mourante tombe amoureuse de sa voisine de chambre; un jeune homme se prend d’affection pour une fillette dans un bus genevois… Des situations qui virent parfois au cocasse: par exemple Chantal, béate devant la magnificence du Machu Picchu, sera prise d’une «cascade diarrhéique mémorable» et connaîtra l’extase dans des toilettes ultraclean. Onze nouvelles touchantes (la dernière malheureusement plus faible), du sourire aux larmes, autant d’étincelles contre la sauvagerie du monde.
L’étang, Mathilde Fontanet, Ed. Metropolis, 153 p.























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