Efina, un roman de Noëlle Revaz

Après Rapport aux bêtes en 2002, la Valaisanne Noëlle Revaz publie un second roman chez Gallimard: Efina...

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Après Rapport aux bêtes en 2002, la Valaisanne Noëlle Revaz publie un second roman chez Gallimard: Efina. Une histoire d’amour à la fois avortée et plus vraie que nature, à la hauteur des attentes suscitées.

L’auteure A 41 ans, Noëlle Revaz a été prof de latin avant de se consacrer à l’écriture. Elle s’est fait connaître en publiant le récit d’un amour rustre entre une femme, Vulve, et un ouvrier. Un exotisme qui sonnait creux pour certains, une écriture qui rappelait Louis-Ferdinand Céline pour d’autres. Rapport aux bêtes a, depuis, été adapté au théâtre, prochainement au cinéma, et sort en poche. Son auteure n’a pas pris la grosse tête, mais patiemment continué d’écrire. Son style ressemble à sa voix: ingénue et grave. Le timbre de la jeune Catherine Deneuve dans Peau d’âne… Rien de tel pour faire chanter des mots parfois crus.

L’histoire Efina est une belle femme de 32 ans. T un acteur de théâtre au sommet. Ils s’écrivent des lettres pendant une vingtaine d’années pour se dire que non, ils ne sont pas attachés l’un à l’autre. Mais leur empressement crie le contraire. En se niant, cet amour vit d’autant plus. Même s’il n’existe que dans sa mise en scène épistolaire, il est le noyau de leur existence. Efina et T ont couché ensemble, mais le résultat les a déçus. Ils se marient chacun de leur côté, dès que leur esprit est libéré, ils continuent de s’écrire. Les années passent, ils se croisent. T attend Efina sur un banc dans un square, lion de gouttière qui fuit dès qu’on l’attrape. On pense au Colloque sentimental de Verlaine: deux amants regrettent leur «extase ancienne» dans un parc, «Ton cœur bat-il toujours à mon seul nom?». Sauf que, chez Noëlle Revaz, l’amour a résisté, fort comme la mort.

Le charme Cette histoire tient en haleine grâce au pouvoir d’évocation de l’écriture. A l’époque des e-mails, cette correspondance surannée, perfide, séduit. Et peu d’auteurs font ressentir le temps traversé.

La phrase «Je passe ma vie à vous écrire et c’est la chose que j’ai faite le plus sérieusement.»

Efina, de Noëlle Revaz, Ed. Gallimard, 182 p.

 

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