Anges, un premier roman

Les voix de la folie. Julie Grelley signe un texte fort et macabre sur les pulsions d’une détraquée qui émascule les petits garçons pour en faire des anges. Plongée dans la folie.

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Les voix de la folie. Julie Grelley signe un texte fort et macabre sur les pulsions d’une détraquée qui émascule les petits garçons pour en faire des anges. Plongée dans la folie.

Dès les premières lignes du roman, le lecteur ressent comme de drôles de cliquetis dans le cerveau, tandis que la narratrice passe du «je» au «elle» en permanence. Ce qui donne des phrases comme «Colline prend mon petit-déjeuner au restaurant de l’hôtel…» Le ton est donné: problème massif de définition de soi, on entre là dans le raisonnement pervers – mais diablement intelligent – d’une malade mentale. Pour un premier roman, la Parisienne Julie Grelley, par ailleurs scénariste, y va fort: Colline, sa narratrice, raconte donc nonchalamment, avec la certitude d’être guidée par la volonté divine, comment elle se fabrique des anges. Ou du moins essaie: elle repère des garçonnets à peine pubères, les enlève et les émascule pour leur «offrir» un idéal d’amour sans concupiscence possible. Tous meurent dans le processus – elle déplore ces «anges ratés» – mais Colline travaille à améliorer sa technique. On lit, pantois, les yeux exorbités, la danse macabre qui enchevêtre les trois personnages.

Colline: En liberté conditionnelle (déjà condamnée pour attouchements, mais la police a raté les meurtres), elle suit sa thérapie et prend ses médicaments, mais c’est pour mieux t’entortiller, mon bon docteur… Avec ses 184?centimètres, ses 120 kilos, son visage hachuré de citatrices et ses dents jaunies à l’acide, Colline cherche à s’enlaidir pour que seule son âme soit belle. Drôle de rapport à la religion.

Lynn: Avant de sombrer dans son mysticisme sacrificiel, Colline était belle, mince et posait, sous le pseudo de Lynn, pour les magazines les plus glacés de la planète. Le monde à ses pieds, les dollars à ne plus pouvoir les compter. Est-ce la gloire et la superficialité qui engendrent la folie?

David: C’est un pensionnaire de l’Institut Saint-Joseph, juste en face de chez Colline – un futur ange. Tout le livre raconte la traque minutieuse mise en place pour le séduire (via SMS) et le «purifier». Qui gagne, l’innocent, la belle ou la bête?

Anges, de Julie Grelley, Ed. Albin Michel, 186 p.

 

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