Adriana, un roman qu'on ne lâche plus

 

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Juste avant de mourir, une vieille dame indigne raconte les trop-pleins d’argent et d’ennui de sa jeunesse. Que peut-elle se pardonner? Que saura-t-elle transmettre?

C’est une histoire qui s’emboîte dans une autre histoire, sur le principe des poupées russes – ou bulgares, en l’occurrence, puisque les faits se déroulent à Sofia, en un été récent et beaucoup trop chaud.

Les narratrices: Il y en a deux, la splendide Ioura, jeune rousse flamboyante de vie, et Adriana, 93 ans, sur le point de mourir. Les deux femmes se sont rencontrées par le biais d’une petite annonce, la vieille dame cherchant une confidente à qui raconter sa vie, comme un héritage peut-être empoisonné. A son décès, plus que troublée, Ioura transmet l’histoire à son tour à son cousin écrivain, pour qu’il ne soit jamais permis d’oublier. Les deux voix se mêlent, se complètent et rompent – au final c’est Théodor qui parvient à rendre la confusion des sentiments et nous livre le récit.

Le destin: Adriana est née riche et capricieuse dans une Bulgarie d’avant le communisme. Elle joue des cœurs avec grâce et cruauté et tout cela, forcément, finit très mal. Il lui reste alors près de trois quarts de siècle pour vivre les tourments de l’âme, sa famille massacrée, les années de pauvreté, les régimes politiques qui se succèdent, le remord. En fin de vie, elle atteint une sorte d’état de légèreté, où ne reste qu’une valeur: l’art de savoir se regarder en face. Est-ce cela la liberté? Est-ce cela la beauté?

Le ton: Passionné, hypnotique. Avec un sens parfait du mot juste, Théodora Dimova campe des ambiances presque cinématographiques et ne recule devant aucune complexité des sentiments.

L’auteure: Outre qu’elle a signé deux romans abondamment primés (Eminé en 2001 et Mères en 2005), Théodora Dimova est aussi la fille du célèbre écrivain bulgare Dimiter Dimov, décédé dans les années soixante. La fille reprend ici un épisode d’un roman du père et ses 4 personnages, puis l’extrapole en un roman brillant sur le sens de la transmission.

Adriana, Théodora Dimova, traduit du bulgare, Ed. des Syrtes, 169 p.

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