Ecolo sans se brouiller avec tout le monde

Le printemps est au «dév’dur’», et on a toutes envie de sauver la planète...

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Par Sylvie Ulmann

 

 

Le printemps est au «dév’dur’», et on a toutes envie de sauver la planète.
Du coup, les gens qui gaspillent et ne consomment pas responsable, ça nous agace.
Guide de survie en milieu non durable.

 

Sous la douche

Le point de friction: L’homme et les mômes passent des heures sous la douche. Pendant qu’ils pataugent, vous pensez aux STEP qui débordent et aux pingouins qui nagent en cherchant désespérément un bout de banquise.

La tentation: Chronométrer le temps que chacun passe sous la douche, histoire de voir qui est le plus rapide. Le jour où vous vous lavez les cheveux, les autres se feront un plaisir de vous resservir les STEP et les ours blancs.

La solution: Vous installez une douchette à économiseur d’eau. A ceux qui s’étonneront de ce changement d’embout, vous répondrez que c’est un truc de massage relaxant repéré dans Femina.

 

Sous la douche (bis)

Le point de friction: Le dilemme gel douche, fun mais bourré de tensioactifs et autres parabènes, contre savon, so écolo mais pas beau.

La tentation: Zapper le savon. Pire, la douche!

La solution: Vous achetez de jolis savons (naturels) qui sentent bon. Exeunt les gels douche dans leur emballage à base de pétrole.

 

Dans la maison

Le point de friction: La maison est toujours chauffée à 25 degrés, sinon tout le monde râle que ça caille et qu’on se croirait dans une grotte comme dans la famille Pierrafeu. N’empêche qu’il y a toujours une fenêtre ouverte pour chauffer les mouettes.

La tentation: Ne chauffer qu’une seule pièce, le salon.

La solution: Vous baissez le thermostat sur 20 degrés maxi et achetez des plaids ou sortez des couvertures pour ceux qui auraient l’idée de claquer des dents. Et vous fermez la fenêtre. Non mais!

 

Au travail

Le point de friction: Votre voisine de bureau imprime tout ce qui arrive sur son mail. Soit en moyenne une centaine de pages par jour. Qu’elle ne va même pas chercher à l’imprimante.

La tentation: La jouer Idéfix et hurler à la mort à chaque arbre abattu par sa faute. Vous risquez de la braquer…

La solution: Amenez-lui systématiquement ses impressions. Quand elle étouffera sous les papiers elle finira peut-être par réfléchir avant d’appuyer sur «imprimer».

 

Face à son homme

Le point de friction: L’homme jette systématiquement sa bouteille de bière à la poubelle au lieu de la mettre au verre à recycler. Grrrrr!

La tentation: Le sortir de son lit pour lui faire extraire l’objet du délit d’entre les ordures et le glisser dans le sac ad hoc.

La solution: Si, après que vous lui avez montré cinq ou six fois de suite où se trouve le sac pour le verre à recycler, il persiste à ne pas le voir, vous n’achetèterez plus que des bières en bouteilles consignées qu’il ramènera lui-même au magasin. Et toc!

 

Face à ses enfants

Le point de friction: Votre aînée se roule par terre pour que vous lui achetiez un nouvel iPod (variantes: un nouveau portable/un nouvel ordinateur/la dernière console de jeux) alors que, sacrebleu, elle en a reçu un à Noël! «Non mais manmaaaan, il est so 2008, trop ringard!».

La tentation: Lui faire la morale. Faites-vous à l’idée que tout discours venant de vous, parents, aura l’air totalement has been, qu’il soit plein de bon sens ou non.

La solution: Ne lâchez rien, on ne jette pas un truc quasi neuf. Qu’elle se débrouille pour le revendre à une copine moins veinarde, quitte à faire du baby-sitting pour s’en payer un nouveau. Point!

 

Autour de la table

Le point de friction: Belle-maman vous a encore servi du thon rouge alors qu’elle sait parfaitement que vous boycottez l’espèce, en voie de disparition. Vous n’osez rien dire et, la nuit suivante, faites des cauchemars où des armées de thons en boîte vous poursuivent avec des harpons.

La tentation: Lui parler des malheureux thons rouges en voie d’extinction: il est toujours pénible de se faire rappeler à l’ordre par plus jeune que soi…

La solution: Contentez-vous de l’accompagnement et filez le thon au chat. Si le ton (!) monte, mettez-vous en mode CNV (communication non violente). Ne l’accusez pas de «thonnicide» ou de menace pour la biodiversité, parlez plutôt de votre besoin de voir respecter vos convictions…

 

A la cuisine

Le point de friction: Marre des éponges dérivées du pétrole, vous ramenez des éponges 100% végétales pour faire la vaisselle. En courgette séchée. Devant la plonge, la mutinerie menace: «On dirait une vieille espadrille», «Ça nettoie mal»…

La tentation: Forcer tout le monde à s’y mettre. Vous risquez de passer pour un ayatollah vert.

La solution: Achetez des éponges végétales un peu civilisées et misez sur les nettoyants verts style Ecover, Held et l’Arbre Vert. Et détournez ces fichues éponges pour en faire des pique-fleurs.

 

A la cuisine (bis)

Le point de friction: Vous avez retrouvé un trognon de pomme dans la poubelle alors que tout le monde sait que les déchets organiques, c’est au compost. Alors, il a sauté dans le sac tout seul?

La tentation: Installer une webcam sur le buffet, histoire de piquer le coupable les doigts dans le sac.

La solution: Restez zen. Redirigez l’objet du délit vers le bac vert, ne montrez les dents que si la chose se répète. Si vous vous fâchez pour chaque coquille d’oeuf mal orientée, vous risquez bien de vous retrouver en tête-à-tête avec votre épluche-légumes.

 

Entre amis

Le point de friction: Tous vos copains pas trop consommateurs ricanent en vous soumettant au même dilemme, style «c’est bien joli, mais y a jamais rien qui est juste; tu vois par exemple les pommes, tu prends quoi, les bio d’Italie ou pas bio de chez nous?»

La tentation: Leur lancer en vrac à la figure leur 4×4, leurs mômes qui en font bosser d’autres avec leurs Nike, leurs vacances en Chine et leur chauffage électrique. Conclure que c’est parce qu’il y a des gens comme eux qu’on va tous se retrouver dans des cavernes dans quinze ans.

La solution: Dites plutôt que non, les choses ne sont pas toutes blanches ou toutes noires. Et qu’au supermarché, c’est à chacun de voir s’il préfère privilégier sa santé avec les bio ou un bon écobilan en choisissant les suisses. Et que vous perso préférez le marché, car vous achetez direct du producteur.

 

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