Alimentation: Vivre avec la maladie cœliaque

L’intolérance au gluten, ou cœliakie, reste méconnue. Mais elle se diagnostique de mieux en mieux...

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Par Albertine Bourget

 

L’intolérance au gluten, ou cœliakie, reste méconnue. Mais elle se diagnostique de mieux en mieux, et il devient aussi plus facile de vivre avec.

 

Le gluten, c’est quoi?

Ce terme générique désigne une protéine contenue dans certaines céréales, notamment le blé, mais aussi l’orge et le seigle. De très nombreux produits en contiennent: pâtes, bières, biscuits, sauces, plats préparés, spécialités laitières et même le chocolat. Un temps considéré comme dangereuse, l’avoine a été récemment déclarée inoffensive.

Intolérance

Chez les malades, la consommation de gluten déclenche une forte inflammation de la muqueuse de l’intestin grêle et par conséquent une malabsorption des nutriments. Il ne s’agit pas d’une allergie, mais bien d’une intolérance, qui peut avoir des conséquences très graves.

Symptômes très divers

La maladie se manifeste par des symptômes plus ou moins alarmants et très variés: cela va des douleurs abdominales à la diarrhée mais aussi la perte de poids ou l’anémie, l’ostéoporose précoce ou encore la fatigue.

Diagnostic

La diversité des symptômes rend difficile un diagnostic clair. Seules une prise de sang et une biopsie de l’intestin font foi. Il arrive également que des malades aient l’intuition d’être intolérants au gluten et refusent de renoncer à leur régime, alors qu’ils souffrent d’autre chose. La plupart des malades sont détectées vers l’âge de 2 ans, parce que les pédiatres connaissent mieux la maladie et qu’elle se manifeste clairement. Mais de nombreux adultes vivent des années sans savoir qu’ils sont cœliaques, ou alors ils ne déclenchent la maladie que sur le tard: en France, 20% des cas concernent les plus de 60 ans.

Un régime à vie

En l’absence de traitement, la seule solution reste de suivre un régime supprimant tout aliment contenant du gluten, ce qui nécessite un effort constant et contraignant. «Le plus dur, ça reste les invitations. Au restaurant, on se débrouille toujours, mais si on est invités chez des gens, il faut vraiment baliser le terrain», indique Joëlle Leutwyler, présidente de l’Association romande de la coaliakie. La maladie peut être traitée, mais pas guérie. Toute personne qui arrête le régime finira par rechuter. Rappelons que le maïs, le riz complet, les pommes de terre et le millet ne contiennent pas de gluten. Il reste encore des progrès à faire, comme indiquer systématiquement la présence de gluten dans les produits. Autant que possible, l’association recommande de préparer des plats maison avec des ingrédients naturels.

Qui est concerné?

En Suisse, le nombre de personnes souffrant de cette maladie génétique est estimé à 70 000 (environ une personne sur cent), parmi lesquelles la grande majorité n’est ni diagnostiquée ni traitée.

 

Initiatives

Ces dernières années, détaillants et fabricants suisses ont fait un effort notable pour commercialiser des produits sans gluten. Le hic: leur coût, toujours élevé. On en trouve à la Migros, à la Coop (gamme Free From), chez Manor ou Sun Store… Betty Bossi et la Migros proposent des cours de cuisine sans gluten. Certains établissements s’y mettent aussi, comme la boulangerie Rado, à Lausanne (www.confiserie-rado.ch) ou le restaurant l’Auberge des Trois-Coqs, à Chambésy (GE) (www.3coqs.ch).

 

En savoir plus

130 recettes sans gluten, Sandrine Giacobetti, Ed. Marabout.

Desserts et pains sans gluten, Valérie Cupillard, Ed. La Plage.

Association romande de la coaliakie, route du Lac 2, 1094 Paudex. Tél. 021 796 33 00. www.coeliakie.ch

 

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