Spiritisme: Médiums romands, qui êtes-vous?

En cas de coup dur, les Romands vont chercher une main amie dans le monde des voyants, astrologues et médiums...

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Par Hyacinta Heinz


Et vous? Dites-nous ce que vous pensez des médiums et des voyants.

 

En cas de coup dur, les Romands vont chercher une main amie, bien plus souvent qu’ils n’osent le dire, dans le monde des voyants, astrologues et médiums. Parmi celles et ceux à consulter en Suisse romande, trois noms de femmes reviennent souvent.

 

Eté 2006. En milieu de journée, Julia est fracassée par l’horrible nouvelle. Deux amis sont morts dans un accident de voiture, tués sur le coup. Larmes, incompréhension… Voyant son désespoir, aussitôt une amie lui recommande d’aller voir la médium Nicole Coudray, de Vétroz. «Elle te fera du bien. Elle a la quarantaine, elle est douce. Tes chers disparus viendront te dire eux-mêmes comment ils vont, par son intermédiaire.» Julia n’oubliera jamais cette expérience: «C’était trop incroyable! J’ai bel et bien reçu des messages de mes amis tués sur la route. Nicole Coudray me les a décrits, tels qu’ils étaient de leur vivant, avec plein de détails sur leur passé, sur l’accident… Mon amie Isabelle, depuis l’autre côté, m’a répété ce qu’elle me déclarait de son vivant, en recourant exactement aux mêmes mots. J’en pleurais.»

La démarche de Julia, encouragée et renseignée par une amie, est significative d’un engouement aussi puissant que souterrain, comme l’affirme Sandra Gaudin, qui vient de cosigner, avec la doctoresse Christine Rappaz, le Guide des meilleurs astrologues et voyants - Voyage dans les arts divinatoires (Editions Favre, en librairie dès ce mercredi 14). Sandra Gaudin est comédienne, metteuse en scène et… astrologue: «L’intelligentsia regarde toujours de haut le monde ésotérique avec des avis statiques, simplistes et définitifs. Les avis sont binaires: y croire ou ne pas y croire, telle est la question. Et le débat n’avance pas. Le monde ésotérique dérange. Du coup les consultants se cachent.» Ces avis péremptoires lui ont donné envie de sortir de la morale bien-pensante et de s’intéresser de tout près à certains voyants, médiums et astrologues, «aventuriers des temps modernes, qui font preuve de courage, d’ouverture d’esprit, d’adaptation et souvent de générosité». Pour son livre, elle en a testé une centaine en Suisse, en Belgique et en France.

 

Nicole, un «canal»

Parmi elles, celle qui a soulagé Julia: Nicole Coudray. Comment la Valaisanne a-t-elle découvert son don? Petite, se souvient-elle, dans son lit, avant de s’endormir, elle jouait à sortir de son corps pour aller toucher le plafond de sa chambre. Et elle sentait tout ce qui se passait autour d’elle. «A mes 13 ans, avec des amis, bêtement, comme on le fait quand on est préado, j’ai participé à une séance d’Ouija. Vous savez, avec un verre qui se déplace sur des lettres pour former des mots… A un moment, le verre a explosé et j’ai senti la présence d’une entité peu recommandable. J’ai pris peur et j’ai bloqué tous mes ressentis.» Après des cours avec Janet Parker, médium britannique qui vient régulièrement en Suisse enseigner la médiumnité, elle s’ouvre de nouveau à sa perception hors norme. «Je me suis remise à voir, ressentir, entendre. Je devais avoir 25 ou 26 ans.» L’au-delà et ses multiples dimensions, Nicole Coudray les peint aussi dans ses tableaux, en devenant «canal»: «Je me laisse guider par là-haut.» Sur ce même principe, elle a créé encore un jeu de cartes… parlant: Les portes des dimensions intérieures (Ed. Indigo-Montangéro). «En choisissant des lames au hasard, chacun découvre des mots qui forment une phrase avec un sens qui lui est destiné.»

 

L’écriture de Birgitta

Photo: Luca Da Campo/Strates

En ce qui la concerne, Birgitta Widding Samuelson a découvert tard qu’elle est un «canal» et peut recevoir des messages d’autres dimensions. «A mes 40 ans, j’ai changé de direction de vie et je me suis lancée dans la voyance après avoir vécu une expérience forte dans le domaine de la radiesthésie. Le recours au pendule faisait vibrer mon corps, tout mon corps, d’une manière hallucinante.» Elle a dès lors compris qu’elle était hypersensible aux énergies, qu’elle les captait physiquement. Aujourd’hui, à 54 ans, cette architecte de formation vit de son don, installée à Clarens (Vaud), dans un lumineux appartement doté d’une vue magnifique sur la lac. Soit elle répond au téléphone (numéro surtaxé), «solution que les gens préfèrent pour la clarification d’une situation dans l’immédiat», soit elle fixe des rendez-vous chez elle. Les personnes faisant appel à ses capacités inhabituelles ne se verront pas mises à la porte au bout de cinquante minutes. «Elles restent autant de temps qu’elles en ont besoin pour trouver les réponses à leurs questions.» C’est sur la base de l’écriture automatique que Birgitta Widding Samuelson pratique. «Mon crayon part tout seul sur la feuille blanche. Ma main se met soudain à écrire des dates ou à dessiner vos centres énergétiques. Ce sont vos chakras. Ils deviennent alors mon support de voyance et me permettent de vous signifier l’évolution que vous avez à comprendre de telle ou telle situation.» Passé, présent, avenir défilent sur la page vierge. Fascinant.

 

Les flashes de Gladys

A Vétroz est installée une autre médium impressionnante: Gladys Zurbriggen. Lors de ses démonstrations publiques, elle peut aller jusqu’à sortir les prénoms de défunts. Non seulement elle consulte, mais elle donne également des cours à ceux qui veulent pour une raison ou une autre découvrir leur propre potentiel. Elle a d’ailleurs publié un livre sur La médiumnité, éveilleuse d’âme, en 2005 (Ed. Indigo-Montangéro). «Petite-fille de guérisseur, je trouvais normal de voir des morts, ou d’éprouver des sensations inexpliquées. Jusqu’à 20?ans environ, après avoir reçu un livre sur le sujet, j’ai lu les lignes de la main à des amies. Des flashes me venaient sans aucun rapport avec l’étude de leurs paumes.» Mais elle ne se tourne pas pour autant vers la médiumnité: «Je voulais devenir couturière. Et je me disais qu’un jour je ferais autre chose, mais sans savoir quoi.» Elle part alors en Egypte, où elle restera deux ans. «Engagée dans un dispensaire, je montrais au personnel comment, tout simplement, s’organiser. Puis j’ai suivi une amie, partie travailler dans une clinique lausannoise.» Là, elle œuvre d’abord comme aide-infirmière. «Jusqu’au jour où l’on m’a proposé de me former à l’accompagnement des mourants. Ainsi ai-je appris combien il est important de bien vivre ses derniers moments sur cette terre. Intéressante introduction à ce que j’allais faire plus tard: entrer en relation avec les morts!» Aux alentours de ses 25 ans, en même temps que Nicole Coudray, elle suit une formation avec Janet Parker et depuis, peaufine, sans cesse, ses facultés.

 

Sujet tabou

Comment mesurer le phénomène de la voyance? «En France, les chiffres sur le nombre des voyants et des consultations ont été étudiés, explique Sandra Gaudin. On y compte 150 000 professionnels pour 15 millions de consultations par année avec 63 millions d’habitants. En Suisse romande, par contre, aucune étude n’a été réalisée. Mais, proportionnellement, on peut imaginer que, sur 1,7 million d’habitants, il pourrait y avoir 4000 professionnels (déclarés ou pas) pour 400 000 consultations par année.» Cela dit, à son avis, il faudrait plutôt envisager ces chiffres à la baisse. «Car beaucoup de Suisses consultent des Français par téléphone ou par service audiotel.» Difficile par ailleurs de faire avouer aux Romands qu’ils consultent, a remarqué Sandra Gaudin pendant son enquête sur la voyance. «Si en France certains tabous ont été déblayés, en Suisse la discrétion sur le sujet est toujours de mise. Des sentiments de honte et de malaise perdurent.» A cela s’ajoute que les voyants, sous nos latitudes, ne souhaitent pas être mis en avant. «Pour la simple raison qu’ils doivent sans cesse se justifier sur leur profession. Ils sont fatigués de ce combat de coqs entre la voyance et la science qui lève son doigt justicier ou même moral.»

 

Pour les consulter

Nicole Coudray
faire le 079 456 82 78.
Attente jusqu’à fin 2010.
Birgitta Widding Samuelson
composer le 021 981 16 44
pour prendre rendez-vous
chez elle ou faire le numéro
surtaxé 0901 555 250.
Gladys Zurbriggen
qui remplit son agenda
tous les trois mois,
appeler le 027 321 25 41,
le 22 octobre de 18 h à 19 h 30.

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