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Dix à vingt pour cent des femmes consultent leur gynécologue
parce qu’elles souffrent pendant l’acte sexuel.
Commentaire du spécialiste sur ces bobos qui empoisonnent la vie à deux.
C’est un problème dont les femmes n’aiment pas parler. Et pourtant elles sont nombreuses à être touchées, au moins une fois dans leur vie, par l’une de ces maladies qui transforment les parties de plaisir en séances de torture. En cause: les virus, bactéries et autres pathologies qui rendent la zone intime extrêmement douloureuse pendant les ébats amoureux. Dans ces conditions, impossible d’éprouver du désir, encore moins d’avoir un orgasme. Au point d’en arriver, parfois, à l’absence de toute vie érotique. «Dix à vingt pour cent des femmes consultent en raison de rapports sexuels douloureux», remarque le Dr Eric Chardonnens, gynécologue-obstétricien FMH, à Lausanne, et médecin associé au CHUV. «Ces douleurs, qu’on appelle dyspareunies, sont liées pour la plupart à des infections.»
Des traitements adaptés
Lorsque les douleurs se manifestent au niveau de la vulve et du vagin, on parle de dyspareunies superficielles, dont les premiers symptômes sont souvent des picotements et des démangeaisons. La cause la plus fréquente est la mycose vaginale. Il faut citer aussi les inflammations liées à une présence de bactéries, qui s’accompagnent de sécrétions inhabituelles. Puis le virus de l’herpès, sexuellement transmissible, tout comme le papillomavirus dont on a beaucoup parlé lors de la récente découverte du vaccin. Chez certaines femmes, en l’absence de traitement hormonal, la ménopause provoque une atrophie de la vulve et du vagin, ainsi qu’une sécheresse vaginale qui peut rendre l’acte sexuel extrêmement pénible. Il existe bien sûr des traitements adaptés à toutes ces pathologies, y compris dans les cas d’allergie, ou de cystite consécutive à une inflammation de la vessie. Quant aux cicatrices qui restent douloureuses après un accouchement, elles se soignent au moyen d’une rééducation du périnée, voire de manière chirurgicale.
Le plaisir grâce au Botox
Il arrive que les rapports sexuels soient carrément impossibles. C’est ce qui se passe en cas de vaginisme, lorsque l’entrée du vagin est fermée et empêche toute pénétration. Cette difficulté est due à des contractions involontaires du plancher pelvien et notamment des muscles releveurs de l’anus. Le sujet est tabou et nécessite, pour être abordé, beaucoup de délicatesse de la part du gynécologue. «La femme qui vient consulter n’en parle jamais spontanément», déclare le Dr Chardonnens. «Lorsque nous constatons que le tonus du plancher pelvien est excessif, nous le mentionnons à la patiente. Le vaginisme est souvent la conséquence de traumatismes, comme un accouchement difficile ou des abus sexuels. Les femmes mettent parfois du temps à oser en parler.» Le soutien d’un psychiatre peut s’avérer utile en cas de problème psychologique. Le recours à la physiothérapie permet d’apprendre à se détendre. «Quand cela ne marche pas, nous pouvons recourir à des injections de Botox afin de bloquer la contracture des muscles du périnée et de rendre possible les rapports sexuels. Les résultats sont parfois extraordinaires. La patiente reprend confiance en elle, et au bout de quelques mois elle n’a plus besoin de Botox.
Faire des contrôles réguliers
On parle de dyspareunie profonde quand la douleur apparaît dès l’instant où le pénis entre en contact avec le col de l’utérus. Si ce symptôme s’accompagne de règles très douloureuses, il s’agit souvent d’une endométriose: des cellules d’endomètre, ce tissu de l’utérus qui s’élimine normalement pendant les règles, migrent dans l’organisme et vont s’installer ailleurs, par exemple sur les ovaires. «Cette maladie, dont on ne connaît pas la cause, est à l’origine de nombreux cas de stérilité, explique le médecin. Mais nous disposons de bons traitements médicamenteux et d’une chirurgie efficace afin de permettre une grossesse chez ces patientes.»
Les fibromes, qui touchent 20 à 30% de la population féminine, sont des tumeurs bénignes qui se développent au contact de la cavité utérine et sont généralement décelés lors du contrôle gynécologique. La plupart sont asymptomatiques et restent relativement petits. Mais ils peuvent aussi induire des saignements et entraîner des douleurs pendant l’acte sexuel. Dans ce cas, ils sont enlevés chirurgicalement. Autre cause d’inconfort: un utérus mal positionné. Il peut être fixé grâce à une chirurgie par laparoscopie.
Certaines de ces pathologies évoluent en silence. Il ne faut donc pas seulement consulter un médecin en cas de douleurs, de brûlures ou de saignements anormaux. Il est indispensable de subir régulièrement un contrôle gynécologique, et ce, même en l’absence de symptômes!
Trop d'hygiène tue
Bien des femmes ne se doutent pas des risques liés aux produits qui entrent en contact avec leurs parties intimes. Les médecins doivent parfois jouer à Sherlock Holmes pour découvrir le ou les coupables des inflammations qui rendent la vie sous la couette si inconfortable. Ce peut être, banalement, un nouveau produit de lessive. Mais saviez-vous que les bandes hygiéniques parfumées sont susceptibles de provoquer des allergies se traduisant par des douleurs pendant l’acte sexuel?
L’effet des gels douche: Ceux-ci sont très toxiques pour la zone génitale. «Quand on interroge les femmes, relève le Dr Eric Chardonnens, elles disent qu’elles se lavent régulièrement la vulve en prenant leur douche. Ça les démange. Et plus ça les démange, plus elles se lavent en pensant qu’elles nettoient une éventuelle mycose. C’est un cercle vicieux. Plus elles se lavent, plus la région devient enflammée.»
Un film graisseux: A l’entrée du vagin, la femme possède des glandes produisant un film graisseux qui protège la vulve des sécrétions vaginales. Comme les gels douche et les savons liquides enlèvent ce film graisseux, les sécrétions vaginales, qui sont toujours un peu acides, irritent la peau.
PH neutre: «Pour vous laver, conseille le médecin, utilisez des produits à pH neutre. Mais surtout pas les savons de douche habituels!»























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