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L’automne promet d’être morose. Mais la crise n’est pas une excuse pour faire l’autruche. C’est le moment ou jamais d’analyser ses attentes et d’aller de l’avant. Go!
Le baromètre économique hésite entre chiffres d’affaires en baisse et signes de reprise, mais pour l’instant, ce sont surtout les annonces de licenciements qui pleuvent. Alors on fait quoi? On prend les devants ou on serre les fesses? On en profite pour réorienter sa carrière ou on attend que ça passe? Certes, ces préoccupations concernent certains secteurs plus fortement que d’autres, mais le durcissement du climat professionnel se ressent partout. Parallèlement, nos exigences en matière d’épanouissement personnel ont également augmenté, nous rendant plus sensibles au stress et, parfois, au manque de reconnaissance.
Les femmes semblent particulièrement fragilisées dans ce contexte. Forcées d’assumer plusieurs rôles, elles ont besoin plus que tout de sécurité. Travail peu qualifié, temps partiel, ou problèmes d’organisation entre carrière et famille, les embûches sont nombreuses. L’âge joue malheureusement un rôle dans la peur de perdre son emploi: après 45 ans, on a l’angoisse de ne rien retrouver, au cas où.
Mais pas de panique, la peur est la pire des conseillères en cas de catastrophe. On risquerait de rester piégée dans les phares de la voiture telle le petit faon surpris sur une route la nuit. En réalité, les moments durs obligent à aller de l’avant, à trouver des solutions, à innover. Regardons la crise écologique, elle nous oblige à repenser notre façon de consommer, à recycler nos biens, à chercher des énergies renouvelables. La crise économique va certainement révolutionner notre société tout entière et peut-être marquer un retour à des valeurs simples, la solidarité, l’intégrité, l’honnêteté. Ce changement touchera également le monde du travail, donc c’est le moment de potasser ce manuel de positive attitude concocté avec l’aide de spécialistes en ressources humaines.
1. Faire le point
Pas la peine de tomber dans le catastrophisme, la crise n’est pas partout. Le premier bon réflexe consiste à faire le point autour de soi, être à l’affût de ce qui se passe dans son entreprise, autour de son poste, écouter les rumeurs quant à des licenciements, être sur ses gardes sans céder à la panique, se préparer au cas où. Dresser un bilan de ses compétences et s’interroger sur sa carrière. C’est une forme d’autocoaching qui peut aussi se mener entre copines, collègues, avec son conjoint ou même ses enfants s’ils sont assez grands. Se conforter à leur regard peut aussi s’avérer instructif.
Le bon réflexe: Je dresse une liste des avantages et des inconvénients de mon travail actuel.
2. Identifier ses peurs
Mettre à jour nos émotions, comprendre ce qui nous bloque, c’est le conseil de base pour Isabelle Flouck, chargée de projet à l’association Pacte. Ce réseau professionnel aide les femmes à accéder à des postes à responsabilités ou à se réorienter. Pacte organise des «Cafés Emplois» deux fois par mois (infos sur www.pacte.ch) pour encourager les femmes à se rencontrer et à discuter, à conforter leurs points de vue, leurs peurs, leurs résistances personnelles. Celles-ci peuvent être internes, c’est-à dire inhérentes à la personnalité ou au parcours, ou externes, c’est-à-dire liées au climat, aux médias, aux autres tout simplement. Il est important de distinguer les deux avant de passer à l’action.
Le bon réflexe: Je note sur une feuille le job de mes rêves et ce qui m’empêche actuellement d’y accéder.

3. Agir plutôt que réagir
Ce n’est pas le moment d’être modeste. Il faut se positionner, apporter la preuve de sa valeur ajoutée pour l’entreprise. Etre un Zorro, renard rusé qui fait sa loi, plutôt qu’une tortue dans sa carapace, comme l’écrit Hervé Bommelaer dans son livre Rebondir en temps de crise - 50 bons réflexes au quotidien. Ce consultant en gestion de carrière à Paris conseille de ne pas résister au changement mais de l’accompagner. En restant spectateurs des événements extérieurs, on est condamné à les subir au lieu de les influencer.
Le bon réflexe: Je me fixe des objectifs ambitieux mais réalistes, quitte à les découper en étapes pour avancer petit à petit.
4. Cultivez vos réseaux
C’est le credo d’Hervé Bommelaer. Dans son ouvrage paru en mars, il insiste plus que jamais sur l’importance du networking, meilleur moyen de contourner les quatre «dictatures» du marché de l’emploi: du CV (on le regarde en vingt secondes), du copié cloné (on cherche le clone de la personne qui part), de l’âge (selon la Halde, Haute autorité pour la lutte contre la discrimination et pour l’égalité, en France, on est senior dès 47 ans) et du diplôme (pas assez ou trop qualifié, on n’est jamais la bonne personne).
Le bon réflexe: Je profite de la pause de midi pour déjeuner avec mes anciens collègues, patrons et autres relations en variant les milieux.
5. Avoir un plan B
Pour Renaud de Goumoëns, responsable des ressources humaines chez British American Tobacco, il faut toujours être actif sur le marché du travail. Avoir un CV à jour, jeter un œil aux offres d’emploi, avoir ses antennes ouvertes. «Cela permet de rebondir beaucoup plus vite et de se rassurer sur notre valeur dans le marché du travail. S’intéresser à un poste dans une autre entreprise ne signifie pas «tromper» son employeur mais c’est agir de manière constructive dans un environnement en permanente évolution.» De plus, avoir un plan B permet de relativiser le côté émotionnel de la crise. Il est plus facile d’avoir les bons réflexes quand on est encore sur le marché du travail que quand le spectre du chômage se profile à l’horizon.
Le bon réflexe: J’ai un dossier perso à jour et je m’inscris sur jobup.ch, monster.ch, etc.
6. Etre authentique
Fayoter, ou au contraire apitoyer, ne sont pas de bonnes stratégies. On peut montrer ses sentiments au travail, parler de ses soucis d’organisation, par exemple avec les enfants, si on ne les utilise pas pour faire du chantage. Il faut prendre ses responsabilités, agir comme un adulte. De même ce n’est pas le moment de se rebeller comme un ado contre son employeur, entrer en conflit avec lui. On peut parler de ses problèmes sans pathos, ne surtout pas se positionner en victime. L’expérience prouve que souvent confier ses états d’âme se retourne contre soi.
Le bon réflexe: J’évite de faire part à toute la cafétéria de mon agacement envers telle collègue, je reste sympa mais discrète.

7. Etre créatif
Les artisans le savent, on peut toujours faire différemment quand on n’a pas les moyens. Par exemple retourner un store plutôt qu’en changer complètement! On peut aussi trouver des solutions pour faire mieux à meilleur coût. Beaucoup d’innovations sont nées en période de crise pour pallier des manques! Les magasins de discount sont apparus après la crise de 1929 pour offrir aux classes ouvrières des produits de première nécessité à bas prix, la margarine et la saccharine ont été inventées en temps de guerre quand il n’y avait plus de beurre et de sucre!
Le bon réflexe: Je note dans un carnet toutes les bonnes idées qui me viennent à l’esprit, je cherche une alternative à chaque opposition.
8. Etre réaliste
L’adversité permet parfois d’ouvrir les yeux! Notre job devient soudain celui de nos rêves au moment même où on craint de le perdre, un peu comme en amour… En revanche, on peut aussi se rendre compte qu’on a atteint les limites du supportable. Quand on ne se sent pas à sa place, il n’y a pas de bon ou de moment pour partir, il y a urgence. Sans faire de positivisme, il faut aussi relativiser car si les licenciements sont surmédiatisés, il y a toujours des périodes d’engagements, avant ou après, dont personne ne parle.
Le bon réflexe: J’essaie de me projeter dans trois ans et non à court terme, je me dis que rien n’est acquis et je me demande ce qui peut m’arriver au pire…
9. Travailler plus?
Dans un climat marqué par la peur, certains choisissent de travailler comme des forcenés pour prouver qu’ils sont de bons élèves et se rassurer eux-mêmes. La nouvelle maladie après l’absentéisme s’appelle le présentéisme: on vient travailler même malade, on cumule les heures sup et on court dans tous les sens pour finir… dans le mur! Tomber en burnout ne vous sera d’aucune aide, mieux vaut rester frais, éveillé, disponible, curieux, et ne pas rater ainsi la bonne opportunité simplement parce qu’on avait la tête dans le guidon.
Le bon réflexe: Je ne traîne pas inutilement au travail le soir, je laisse mes soucis au bureau et je conserve une vie sociale active pour mon équilibre et mon bien-être.
10. Travailler moins?
Le mythe du temps partiel réapparaît en période de licenciement collectif, surtout dans les classes moyenne et supérieure. Certains travailleurs seraient d’accord de baisser leur taux d’activité à 80% pour sauver des postes. Las, cela ne fonctionne pas ainsi. Si la motivation en revanche est personnelle, et qu’employeur et employé sont gagnants, une renégociation du contrat est envisageable, dans les règles de l’art. A vous de convaincre votre employeur de votre flexibilité, votre capacité à vous organiser. Rassurez aussi vos collègues qui ne devraient pas avoir à absorber vos tâches. Ensuite, à vous de respecter votre nouvel horaire et ne pas le dépasser parce que vous culpabilisez. Attention cependant à la culture de votre entreprise, comme le relève Renaud de Goumoëns: la demande de temps partiel est encore souvent associée à un manque d’ambition.
Le bon réflexe: Je communique clairement mes envies à mon employeur et nous redéfinissons ensemble mon nouveau contrat, mes horaires et mon cahier des charges.
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