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Tabassages, attaques au couteau: les actes de violence gratuite commis par des jeunes se multiplient. Educateur spécialisé, Denis Lemieux propose des stratégies pour y faire face.
FEMINA En tant que parent, quels conseils donner à ses ados s’ils sont confrontés à la violence des autres?
DENIS LEMIEUX Les jeunes violents s’attaquent de préférence aux plus faibles, à ceux qui sont isolés. Un enfant qui bénéficie d’un environnement familial sécurisant est mieux armé plus tard pour affronter des situations difficiles. S’il a confiance en lui, il ne donnera pas aux prédateurs l’image d’une proie potentielle. Les parents doivent engager la discussion si l’enfant évoque, par exemple, une scène de bagarre à laquelle il a assisté.
Que lui dire?
Dès son plus jeune âge, on peut lui expliquer que face à un enfant agressif, il risque moins d’être attaqué s’il se trouve avec ses copains que s’il est tout seul. Que s’il est attentif, il peut percevoir des signes indiquant que l’autre cherche la bagarre et choisir consciemment la meilleure attitude à adopter. Il peut s’abstenir de répondre à la provocation en adoptant une attitude neutre, demander de l’aide, ou s’en aller, tout simplement.
J’imagine que c’est également valable pour les adolescents qui sortent tard le soir?
Oui, ce que les enfants ont appris jeunes, ils le transposent à l’adolescence. Se déplacer en groupe minimise le risque d’être pris à partie. Quant à l’ado qui se promène seul le soir dans un quartier où rôdent des bandes de jeunes, on pourrait dire qu’il cherche les ennuis. Mais s’il est vigilant, il est capable de discerner, à trois ou cinq mètres de distance, si l’attitude ou l’expression d’autres personnes lui semblent menaçantes. Dans ce cas, il a encore le temps de tourner les talons.
Toutes les agressions ne sont pas prévisibles. Je pense au cas de ce jeune attaqué à l’arme blanche, en plein jour, parce qu’il refusait de donner son natel.
Si je suis menacé avec une arme ou tout seul face à un groupe, je suis coincé. N’étant pas en situation de sécurité et n’ayant aucune chance de m’en sortir, je dois bâcher et donner ce qu’on me demande. Ce n’est pas juste, mais même si c’est injuste, je dois l’accepter. Il ne vaut pas la peine d’être blessé pour un natel. Je vaux plus que mon natel. Me retirer de la confrontation est désagréable, mais cela ne me détruit pas. Il sera toujours temps ensuite de déposer plainte, pour que la justice reprenne ses droits.
Est-il souhaitable qu’un adolescent apprenne un art martial pour mieux se défendre?
Toute dynamique qui permet au corps de s’épanouir et qui favorise la confiance en soi est positive. Mais tout dépend de la manière dont on l’utilise. Un jeune qui avait commis des actes de violence nous a été référé par son école. Il a suivi nos cours d’aïkido et de communication pendant plusieurs mois. A la fin de l’année, il nous a dit: «Auparavant, je ne savais pas me battre. Je me contentais de taper. Ici, j’ai appris à me défendre autrement». Il nous a expliqué qu’il avait été attaqué et qu’au lieu de contre-attaquer, il s’était contenté de neutraliser son agresseur avec une prise d’aïkido. Le combat n’a pas eu lieu.
Bio Express
Responsable de l’AEMO (Action éducative en milieu ouvert de l’Ouest vaudois), Denis Lemieux aide jeunes et parents à gérer des situations d’agressivité. Il a cocréé l’AïkiCom, une approche de la violence qui combine cours d’aïkido et techniques de communication.























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