Pourquoi les ados carburent-ils à la vodka?

Alors que la consommation globale d’alcool baisse, les jeunes boivent deux fois plus de vodka qu’en 2003.

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Alors que la consommation globale d’alcool baisse, les jeunes boivent deux fois plus de vodka qu’en 2003. Un trend décrypté par Rose-Marie Notz, de la Fondation vaudoise contre l’alcoolisme.

TEXTE  Valérie Fournier

FEMINA Selon la Régie fédérale des alcools, les importations de vodka ont doublé depuis 2003. Les jeunes, surtout, en sont fans. Pourquoi?

Rose-Marie Notz Il y a d’abord le prix, on trouve le litre d’alcool fort en supermarché  à 10-15 fr. La publicité ensuite, avec d’énormes moyens, ciblée sur les jeunes, qui rend ce  produit et ses dérivés branchés.  Le goût et la couleur enfin, transparents, anodins, contrairement au whisky par exemple. On peut donc facilement  mélanger la vodka à des jus  ou à des sodas.

FEMINA «Has been», les alcopops?

Rose-Marie Notz L’arrivée sur le marché de ces cocktails prémixés très sucrés avait fait augmenter la consommation d’alcool chez les jeunes filles de manière  significative. Les autorités ont réagi assez vite en surtaxant ces produits. Aujourd’hui, il est plus avantageux d’acheter une bouteille et de faire son propre mélange pour obtenir une boisson très forte. C’est l’idéal pour la «préchauffe», soit la mise en condition avant de sortir… F Les ados ont donc une  nouvelle façon de boire? RMN Oui et non, l’alcool reste associé à la notion de fête pour la plupart des adolescents, ce sont les modalités de la consommation qui évoluent: préchauffe ritualisée (à la  maison, sur un parking…), concours de boissons, excès  réguliers, botellones.

FEMINA Les chiffres montrent  pourtant une baisse de la  consommation globale  d’alcool en Suisse?

Rose-Marie Notz Oui, globalement c’est vrai. Mais, chez les jeunes de  15 à 24 ans, la consommation dite problématique a augmenté. Cette façon de boire par alcoolisation massive a bien sûr des  risques immédiats, mais elle peut aussi porter préjudice à l’avenir de ces individus et  prédisposer à l’évolution vers une dépendance.

FEMINA Que faire?

Rose-Marie Notz Nous continuons à mener des actions pour que la vente soit moins facile et que les lois soient respectées. Nous faisons beaucoup de prévention dans les festivals pour la sécurisation du retour, avec des actions comme Be my Angel (un chauffeur est désigné en début de  soirée et des consommations sans alcool lui sont offertes). Nous collaborons aussi avec les travailleurs sociaux hors murs qui sont en contact avec les  jeunes. Ils entrent en relation, distribuant par exemple des bouteilles d’eau avec des messages forts au bord du lac, lors des fêtes de promotions.

FEMINA Que faire en tant que  parents?

Rose-Marie Notz Le binge drinking est un phénomène de mode qui échappe aux adultes. Le nombre de comas éthyliques augmente, du coup, ceux-ci en deviennent presque banals. Il est important de garder le contact, de parler avec les ados, de s’intéresser à ce qu’ils font. Leur expliquer  les risques plutôt que leur imposer des principes rigides. S’ils  doivent faire leurs expériences, qu’ils aient conscience des  dangers, au niveau sexualité et au volant par exemple, pour eux et leurs amis.

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