Selon certains responsables de stations,
le ski alpin risque de se ringardiser si on ne motive les jeunes générations.
Alors le sport national suisse est-il vraiment en danger?
Le point avec Béatrice Wertli de l’Office fédéral des sports.
FEMINA Le ski n’aurait plus la cote auprès des jeunes, c’est vrai?
BÉATRICE WERTLI Pas du tout! Selon les chiffres de l’enquête sport suisse 2008, il se classe dans le top 5 des sports favoris chez les adultes et même dans le top 3 chez les jeunes de moins de 20 ans. Cela nous montre bien qu’il reste une activité très populaire pour les Suisses.
Pourtant les responsables des remontées mécaniques se plaignent, les jeunes fréquenteraient moins leurs pistes.
Ils ont tort. Le fait est que l’offre d’activités sportives est plus large qu’il y a vingt ans. La concurrence règne entre les différentes disciplines. Prenez le nordic walking. C’est une toute nouvelle discipline, officielle avec ses clubs et ses amateurs. Comme le surf qui a également concurrencé le ski dans le passé. Les habitudes évoluent donc. D’ailleurs le ski a perdu un peu de son aura au sein des écoles obligatoires. Nous avons effectivement relevé que le nombre de camps de ski diminue depuis 1995.
Comment l’expliquez-vous?
Pour des raisons de coûts et de sécurité. Une classe de neige, même si elle est subventionnée par l’Etat, implique une participation financière plus importante des parents que pour des camps verts. Quant aux professeurs, ils doivent faire appel à des guides ou à des accompagnateurs formés pour garantir un encadrement sécurisé. D’autant que les élèves ont des niveaux très différents entre eux.
L’enquête sport 2008 révèle d’ailleurs que les secondos sont moins fans?
C’est vrai, environ deux enfants sur trois savent bien skier – mais les jeunes issus de l’immigration se distinguent nettement à cet égard de la moyenne des Suisses. Car selon les cultures, il existe différentes traditions sportives. Dans notre pays, on va forcément privilégier le ski car nous avons grandi dans un environnement alpin. Depuis des générations, on cultive le goût pour cette activité, ce qui n’est pas forcément le cas des étrangers.
C’est donc un loisir héréditaire, il se perd quand il n’est pas transmis par la famille…
Forcément, les parents qui sont déjà des adeptes des sports de neige vont initier leurs enfants. Et puis il y a les vacances d’hiver, qu’on passe traditionnellement à la montagne. Le ski est dans ce sens une discipline familiale et conviviale. Mais il reste toujours les cours de Jeunesse+Sport pour initier les jeunes.
Entre le déplacement, le matériel et l’abonnement, le ski est une activité onéreuse. Son prix peut refroidir les passions…
Toute activité a un coût, que ce soit des cours de judo, de tennis, de piano… Evidemment, la pratique du ski nécessite un investissement important, mais les Suisses continuent d’investir dans le sport. En tout cas les stations ne semblent pas affectées. Cette année, elles ont fait des chiffres record. Même si c’est la crise, les gens achètent toujours des vêtements, du matériel et des abonnements. Le ski a donc encore de belles années devant lui…
Bio Express
Béatrice Wertli est responsable de la communication à l’Office fédéral du sport. Anciennement cheffe de la communication pour le PDC, elle a aussi travaillé pour le World Economic Forum. Ancienne triathlète de haut niveau, elle est aujourd’hui coureuse de marathon et surtout mariée avec Stefan Meierhans, Monsieur Prix.























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