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Durant les vacances, partagez la vie de sept femmes qui exercent un métier en plein air.
Hélène Tornare n’est pas du style à se laisser dépasser. Grande, blonde vêtue d’un bermuda confortable, elle apparaît comme une ex-sportive d’élite. Cette joviale sexagénaire au regard bleu arpente en grandes enjambées son camping surplombant le lac de la Gruyère. Chaque matin, elle fait crisser sous ses pas le gravier des allées droites. Elle dévale le chemin des pommiers, celui des peupliers, celui des mélèzes… «Dans chaque rue nous avons planté l’arbre qui porte son nom», signale-t-elle. Elle désigne les pelouses vertes tondues comme des têtes de moines, fait un brin de causette avec une vacancière se prélassant devant son mobile-home, hume au passage une odeur de grillade qui s’échappe d’un petit chalet fleuri comme la devanture d’une pépinière… «Les vacanciers ne sont pas des numéros. Nous les accueillons chez nous. Et si nous devons parfois passer des nuits blanches parce qu’il y a quelqu’un à emmener à l’hôpital, cela fait partie du job».
Tournée des sanitaires deux fois par jour, «C’est la marque du camping. La propreté doit être irréprochable». Ouverture et fermeture de la piscine. Importation et vente de mobile-homes clé en main… En quarante ans, Hélène Tornare a diversifié ses activités et fait prospérer l’entreprise familiale au pas de charge. Le camping de la Forêt dans la région du Gibloux, est le seul cinq étoiles du canton de Fribourg. Elle dit l’avoir construit avec son mari «comme un coin de paradis».
Depuis ce jour d’été, où en vacances à Sorens, elle débarque au bord de la piscine que son beau-père vient de faire construire pour quelques pique-niqueurs, elle rêve de transformer cette petite parcelle de nature. A 20 ans à peine, elle épouse l’un des deux fils du propriétaire. Sa sœur convole avec l’autre fiston. «Au début ce n’était pas facile.», reconnaît-elle. «A l’époque, les gens de la région voyaient d’un mauvais œil ces filles en minijupe à la piscine. Mais c’était gai, mon mari tenait l’orchestre. J’ai très vite pris le rythme. Nous avons creusé des tranchées à bras, travaillé jour et nuit».
La nature pour décor
Rien ne préparait a priori Hélène Tornare à cette vie à plus de 1000 mètres d’altitude, à la lisière de forêts somptueuses de la Gruyère. Vendeuse à la Coop de Marly (Fribourg), la jeune femme, issue d’un milieu modeste, a grandi comme une citadine. La décoration des vitrines, les articles de camping à déployer sur le parking de la grande surface, le business… Elle découvre très vite un goût immodéré pour la décoration. L’histoire d’amour l’entraîne sur les verts pâturages, là où le folklore gruérien lui livre un terreau grandeur nature. Elle va y déployer une énergie que rien ne semble pouvoir altérer.
«Durant des années, nous travaillions 18 heures par jour entre la restauration, l’aménagement du camping, l’accueil des clients. Au départ, il n’y avait que des tentes. La première caravane a constitué un événement à la fin des années 60. J’aime la nature, elle m’inspire constamment. C’est cette vie en plein air qui me donne des envies de renouveler constamment l’espace, de créer des choses pour améliorer les vacances des gens».
Il y a quelques années, Hélène Tornare a du cependant ralentir le rythme en raison de «pépins de santé», sur lesquels elle ne souhaite visiblement pas s’étendre. Pour ses 60 ans, elle a d’ailleurs reçu une golfette, histoire de pouvoir encore faire sa tournée, déambuler entre les arbres, sans trop se fatiguer. «Parfois j’emmène les enfants! Ils aiment tellement.»
Le soir, lorsque la piscine est fermée, Hélène Tornare aménage la table devant l’accueil et sert l’apéro. Elle se sert du jardin pour enjoliver ce moment de convivialité. «Une vie sans fleurs ne vaut pas la peine». Elle parsème les plats de marguerites géantes ou d’autres fleurs qu’elle. «Je choisis en fonction des couleurs», explique-t-elle en s’arrêtant devant un parterre éclatant de couleurs. Des ageratums, des bégonias, des tagettes, des edelweiss dessinent une forme de tour Eiffel. «C’est selon l’inspiration du moment. Nous avions déjà réalisé des arcs-en-ciel, des formes géométriques… la tour Eiffel, c’était drôle à imaginer».
Des campeurs s’arrêtent toujours dans cet espace ripoliné. «Ils ne forment plus la majorité de notre clientèle. Aujourd’hui, nous avons 25 chalets et des mobile-homes pour l’essentiel, des gens qui ont établi chez nous leur résidence secondaire, avec tout le confort d’une vraie habitation». Les vacances, les loisirs à aménager, les hivers froids ont conduit Hélène Tornare à imaginer toutes sortes d’activités, débordant largement le seul périmètre du camping. Dans la forêt avoisinante, sur le terrain communal, elle a créé une grotte pour la Vierge Marie ainsi que deux «sentiers», devenus des promenades de près de 5 kilomètres, aujourd’hui incontournables dans la région. «Le sentier des écoliers», où s’égrènent les fables de La Fontaine, les contes de Perrault. Et celui «des sculptures». «Vous comprenez, j’aime l’art», explique encore la patronne. «Cette petite étoile, c’est moi qui l’ai façonnée». Au volant de sa golfette, Hélène Tornare revient régulièrement sur ce chemin jonché de 114 sculptures de bois. Des nains, des champignons, une étoile, une guitare, des escargots…
La promenade s’égrène comme un catalogue à la Prévert. En hiver, sur ce même chemin, elle installe la forêt enchantée, avec des flambeaux. «Avec la neige, le froid et ces hautes branches, l’effet est saisissant. On accueille près de 500?personnes. On boit du vin chaud en écoutant Mozart. On se croirait dans une vaste cathédrale». Bâtisseuse de camping, créatrice inspirée, Hélène Tornare ne cache pas qu’elle rêve de créer encore d’autres chemins.
Camping La Forêt à Sorens. www.camping-la-foret.ch. Tél. 026 915 18 82.
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«La piscine, c'est le centre nàvralgique. Le matin, je l'installe. Le soir, je range. Mon plaisir, c'est d'y faire un dernier plongeon vers minuit, lorsque tout dort.» |
«Plusieurs fois par jour, je fais la tournée des sanitaires. Il faut qu'ils soient impeccables. La propreté, c'est l'image de marque de notre camping.» |
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«Les vacanciers que nous accueillons doivent se sentir chez eux. Un eu comme à la maison. Je les connais tous. Les aider, rendre leurs vacances agréables, c'est une vraie passion.» |
«Le mobile-home a révolutionné les vacances. Il offre aujourd'hui tout le confort moderne. Une part importante de mon activité est d'en importer et d'en vendre. |
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«Pour mon anniversaire, j'ai reçu une golfette. J prends parfois des enfants à bord. Ils adorent cela. Un véhicule qui me permet de circuler dans les allées sans bruit et de façon écolo.» |
«Les bûcherons sont des artistes. Et la nature, une source d'inspiration. Une centaine d'objets que j'entretiens régulièrement et qui jalonnent le sentier des sculptures au milieu de la forêt.» |
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«L'accueil des gens reste un moment privilégié. Je leur montre où se trouve leur place, les aide à monter leur tente, leur indique les visites à faire dans la région.» |
«L'apéro est sans conteste le moment-clé de la journée. A l'accueil, le soir, nous ouvrons une bouteille, Certains de nos clients sont des fidèles. Ils sont devenus des amis.» |





























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