Ski d'alpinisme avec Stéphanie Charrière

Par Nathalie Aguilar-Praz

 

 

Par Nathalie Aguilar-Praz

 

 

C’est une jeune femme équilibrée qui vit à Cerniat, proche de Charmey, dans le canton de Fribourg. Un petit village entouré de montagnes. Voilà probablement pourquoi elle a, très tôt, été attirée par le ski d’alpinisme. Un sport que peu de femmes pratiquent en compétition. Seulement 8% des participants au Trophée des Gastlosen de 2006 étaient des femmes. «Dans mon club, je suis la seule à participer à des courses», confirme Stéphanie Charrière. Elle a commencé jeune. Vers 16 ans, elle décide de suivre les traces de son père. Son frère cadet aussi. «Mais je ne m’entraîne pas avec eux. En tant qu’hommes, ils sont plus rapides que moi, explique-t-elle. Je les retarderais.» De toute manière, elle aime s’entraîner seule. Alors, un à deux soirs par semaine, elle chausse ses skis, ses peaux de phoque et, à l’aide de sa lampe frontale, elle remonte les pistes de la station. A 21 ans à peine, elle affiche un équilibre remarquable. Capable de faire la fête avec ses amis les week-ends, elle sait aussi se restreindre lorsqu’elle prépare une course importante. Ce fut le cas les quelques mois qui ont précédé la Patrouille des Glaciers en 2006 et pour laquelle, avec son équipe, elle a terminé à la 2e place du parcours Arolla-Verbier. Cependant elle n’est pas prête à tout pour gagner. «Il y a trop de sacrifices à faire pour espérer terminer première, confie-t-elle. Je ne voudrais pas arrêter mon travail d’employée de commerce ou encore passer ma vie à surveiller mon alimentation.» Elle avoue cependant que son but ultime est de participer à nouveau à la Patrouille des Glaciers. «C’est la course la plus réputée et celle qui bénéficie du plus grand public. Les autres courses sont un entraînement à celle, mythique, de Verbier.» Pourtant, cette année, elle n’y participera pas. Trop d’inscriptions, pas assez de places. Et malheureusement ce ne sont pas les résultats antérieurs qui déterminent la participation future. Cette décision du comité d’organisation l’a beaucoup touchée. D’autant que son père et probablement son frère y participeront.

Son moteur?

Se faire plaisir et vivre au jour le jour.

 

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