Dossiers
Une expédition, c’est plein d’imprévus. Après trois mois d’arrêt forcé,
voici la marcheuse repartie dans un itinéraire un peu chamboulé.
Récit et explications, via le téléphone satellite.
|
Le froid de la steppe mongole a obligé Sarah à repenser son trajet.
Traversant la Chine désomais du sud au nord, Sarah retrouvera le désert de Gobi cet automne. |
Une nature incroyable, des gens souriants, le plaisir de renouer avec l’aventure et mes rituels», Sarah n’en peut plus de joie de se retrouver en pleine expédition. Ces jours, elle traverse la province «magnifique» du Yunnan, au sud de la Chine: «Des pins sur les hauts, des bambous dans les creux, des gens (les Huis) habillés tout en couleurs, des températures idéales de 12 degrés la journée, -2 à -3 la nuit…» C’est une kyrielle de bonheurs que Sarah Marquis peut bien savourer. Elle sort de trois mois d’obstacles, «l’impression d’avoir été tenue en cage».
Il y a d’abord eu ses dents qu’elle est allée soigner au Japon: des traitements tous les six jours dans un pays trop peuplé pour la marcheuse du désert… Il y a eu les problèmes de visa pour l’entrée en Chine. Après des mois d’attente et malgré la bonne volonté de l’ambassade suisse à Tokyo, elle finit par craquer et s’envole pour la Mongolie. A l’ambassade chinoise de Oulan-Bator, elle obtient un visa touristique de trois mois. Mais là encore un nouvel obstacle se dresse: le froid. Une nuit suffit à Sarah pour comprendre que le retard sur son programme initial l’a transportée dans une saison impossible. Cramponnée au piquet de sa tente par -25 degrés, elle ne peut pas dormir du tout. Au petit matin du 9 janvier, la vision «d’un arceau arrière twisté» et l’évidence que son unique abri ne tient pas dans le vent et le froid de l’hiver mongol, la convainquent de «réfléchir avec la nature et ses éléments». Elle décide alors de faire cette étape chinoise à l’envers! De partir de Kunming dans la province du Yunnan au sud de la Chine, et de remonter en direction de la Mongolie. Le 10 janvier, un avion la mène ainsi à Kunming. Et cet automne, elle se retrouvera dans le désert de Gobi qu’elle vient de quitter en avion.
Jamais eu envie de baisser les bras? «Non, jamais. Une expédition, c’est des imprévus. Il y a toujours des difficultés sur le terrain. Mais il y a aussi toujours des solutions. Il suffit de s’asseoir. Et de réfléchir.»
Donc, envers et contre tout, la voici repartie. «Un plaisir énorme.» Et la santé? «Mon corps se porte bien. J’avais quelques craintes car j’avais perdu du poids, mais tout roule, je fais actuellement 15-20 kilomètres par jour, la semaine prochaine, je vais passer à 20-25 et ensuite, je pourrai reprendre mon rythme de 30 kils par jour.» Sa voix au téléphone satellite est toute joyeuse: «C’est un hiver juste parfait!» Elle dit combien ça lui fait du bien de retrouver la marche. Et son rituel du soir: «Je cherche le meilleur des camps pour faire mon feu. Mmm.» Et puis elle vient de recevoir une excellente nouvelle: la conférence Ted 2011, ce grand rendez-vous d’Amérique du Nord dédié aux échanges d’idées «pour changer le monde», l’a invitée à s’exprimer à Long Beach le 28 février. Une participation téléphonique de 18 minutes, et une belle reconnaissance.






















Publier un nouveau commentaire