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Elle aspire à un siège au Conseil d'Etat en Valais, où jamais encore une femme ne s’est assise.
Aspirant à un siège au Conseil d'Etat, où jamais encore une femme ne s’est assise, Marie-Françoise Perruchoud-Massy jouera son va-tout le 6 juin: son parti, le PDC, doit désigner ses candidats. A 53 ans, cette mère divorcée de deux grands enfants compte bien en être. Pour cela, elle a carrément refusé de participer aux primaires organisées par son parti: «C’est toujours la même chose, on prend les mêmes et on recommence. Le peuple doit avoir le droit de choisir qui le représente!» Vendredi prochain, Marie-Françoise Perruchoud-Massy se présentera donc sans être passée par la présélection d’usage. A ceux qui lui reprochent de jouer les rebelles, elle répond qu’elle se voit plutôt comme une progressiste: «Au PDC, beaucoup de gens pensent que les changements se feront tout seuls, qu’il suffit de laisser aller les choses. Moi, je suis plutôt pour les accélérer.» Un mouvement vers l’ouverture qui lui tient à cœur car selon elle, «la différence entre ce qu’est vraiment le Valais et les gens qui le représentent est trop grande, il faut que les choses bougent.»
Elle ne pense pas incarner le changement uniquement parce qu’elle est une femme. Il y a aussi une question de parcours. Parce qu’elle a fait une pause de dix ans en marge de la politique cantonale, Marie-Françoise Perruchoud-Massy a pris le temps d’observer l’évolution de son canton. «Le Valais est sorti de sa phase de rattrapage, il est entré dans sa phase de positionnement. Politiquement, on doit tenir compte d’éléments nouveaux, comme la mondialisation. Cela veut dire s’ouvrir sur le monde au lieu de rester enfermé entre nos chaînes de montagnes.»
Signes du changement, les regroupements communaux, engagés notamment dans le val d’Anniviers, «nécessaires pour lancer des projets d’envergure». Et aussi le poids des voix, qui change de mains: «Les autorités étaient sûres que ce regroupement de communes ne serait jamais accepté. Les voix qui ont fait basculer le vote vers le oui étaient celles des femmes et des jeunes.» Significatif pour un canton où les filles sont maintenant aussi voire plus nombreuses que les garçons à suivre des études. La qualité de la formation, c’est aussi un aspect de son canton que Marie-Françoise Perruchoud-Massy a envie de mettre en avant. Et elle en connaît un bout sur le sujet: docteure en économie, elle dirige depuis 2004 l’Institut d’économie et de tourisme à la HES-SO valaisanne, en plus d’être vice-présidente de l’Union suisse des Banques Raiffeisen. Autant dire qu’elle n’a pas l’intention de jouer les figurantes!
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