Enfin une femme au Conseil d'Etat valaisan

La socialiste Esther Waeber-Kalbermatten entre au Conseil d’Etat valaisan...

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Par Jennifer Segui

 

La socialiste Esther Waeber-Kalbermatten entre au Conseil d’Etat valaisan.

Tout arrive. Pourtant, élire une femme au Gouvernement valaisan semblait presque aussi improbable qu’un président noir à la tête du pays le plus puissant du monde. Au pays de l’Oncle Sam comme dans le canton des reines, les urnes ont parlé. Le Vieux-Pays à la réputation plutôt macho, le seul irréductible à n’avoir jamais compté de femme à l’Exécutif, a élu une représentante du sexe dit faible, qui plus est de gauche, au Conseil d’Etat. En effet, la socialiste Esther Waeber-Kalbermatten, arrivée cinquième dans la course aux voix, a été élue dès le premier tour.

Déjà pressentie il y a dix ans pour cette élection, la Haut-Valaisanne avait laissé sa place à son collègue Thomas Burgener à qui elle va succéder aujourd’hui. A l’époque, elle avait préféré privilégier sa vie familiale (elle est mère de trois garçons) et consacrer le reste de son temps à la pharmacie qu’elle venait d’ouvrir. Aujourd’hui, à 57 ans, la cheffe d’entreprise, forte d’une expérience de seize ans au Parlement cantonal et de douze ans à l’Exécutif de la ville de Brigue, se sent prête à entrer dans l’histoire de la politique valaisanne. «Je suis ambitieuse, plus qu’avant. Il le faut pour arriver là où se prennent les décisions.» Malgré un handicap de taille – la Haut-Valaisanne ne parle pas la langue de Molière dans un canton à majorité francophone - elle fait l’unanimité à gauche comme à droite où l’on vante sa connaissance des dossiers, son sens de l’écoute, son pragmatisme et sa mesure.

Féministe convaincue et militante, elle est à l’origine du Bureau de l’égalité de son canton et doit peut-être à sa condition de femme l’ingrédient miracle de sa réussite: «Les femmes font les choses un peu différemment, notamment parce que beaucoup d’entre nous avons dû mener vie familiale et professionnelle de front, d’où un regard un peu plus ouvert et conciliant que les hommes.»

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