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La Genevoise Barbara Polla dédie un livre au directeur artistique de Dior, Kris Van Assche.
Elle est ce qu’on appelle un tempérament. Femme multiple, tant par ses talents professionnels divers (médecin, chercheuse, cheffe d’entreprise, galeriste) que par la passion qu’elle dégage en permanence, souvent là où on ne l’attend pas. Désormais, elle se définit comme une écrivaine. Et le prouve en publiant trois ouvrages en moins d’un an. Le premier consacré à sa mère, le second à Kris Van Assche et bientôt un troisième qui évoquera une passion. Entre les trois, un fil rouge: le rapport à l’autre. Que possède-t-on de quelqu’un qu’on aime? Et c’est bien ce dont il s’agit dans la fausse bio que Barbara consacre à l’artiste. Retour en arrière sur une rencontre: présente à son défilé parisien en 2005, elle en ressort subjuguée. «C’était aussi beau qu’une performance de Vanessa Beecroft», se souvient-elle aujourd’hui. En pleine préparation d’une exposition consacrée à la beauté des hommes, elle ne résiste pas à l’envie de lui demander d’y participer. «Je ne suis pas un artiste», lui répond spontanément Kris Van Assche, mais le courant passe et il accepte à la condition de ne pas exposer ses vêtements. Ce sera une dizaine de mouchoirs. De fil en aiguille la complicité évolue et c’est tout naturellement que naît l’idée. Pas une bio, non! L’auteure préfère ne pas vraiment percer le mystère, plutôt «garder une aura épaisse». Raconter l’histoire, vraie et rêvée à la fois, d’un créateur ivre de liberté pour qui le travail est une nécessité intérieure absolue. Deux points communs avec l’écrivaine qui, pour rédiger Kris Van Assche, Amor o muerte (Ed. L’Age d’Homme), va se livrer à un vrai travail d’investigations. Elle s’immerge alors dans cette Flandre qui a vu l’émergence d’un mouvement capital de la mode grâce à l’Académie royale des beaux-arts d’Anvers. Ainsi, au gré des visites à Joséphine la grand-mère, celle qui lui a appris à coudre, à Dries Van Noten, le modèle, Walter Van Beirendonck, l’ancien professeur, à certains collaborateurs actuels, une esquisse apparaît d’un homme et son destin. Un personnage d’une étonnante discrétion pour qui le travail est une libération, qu’il s’agisse de la direction artistique de Dior Homme ou de ses propres lignes. Un artisan, un poète, un artiste qui méritait bien cet hommage. A découvrir dès le 14 mai à la galerie genevoise Analix Forever.
«Il n’y a pas de hasard, il n’y a que des rendez-vous». Barbara Polla a fait sienne cette pensée de Paul Eluard.























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