Dossiers
A tout juste 19 ans, elle est à la tête de l’entreprise qu’elle a elle-même créée. Plutôt précoce!
Sa carte de visite argentée surmontée d’un logo rose pétard est à classer dans la catégorie bling-bling option girly.
Pourtant, Telma, l’œil pétillant et toute de noir vêtue, déclare dans un grand sourire qu’elle a découvert tout récemment qu’elle était une fille. Qu’on se rassure, juste une boutade pour mettre le doigt sur son côté garçon manqué, fonceur et sans complexes. A 19 ans, l’âge où la plupart de ses consœurs se demandent encore ce qu’elles vont devenir, la Neuchâteloise est cheffe d’entreprise. Et cette boîte, spécialisée dans la valorisation de l’identité visuelle d’une entreprise (logos, sites Internet… etc.), c’est elle-même qui l’a créée avec son amie et associée Sarah Dysli, son aînée d’à peine une année.
Née au Portugal et débarquée en Suisse à l’âge de 5 ans pour rejoindre sa maman venue refaire sa vie après un divorce, la petite Telma s’ennuie ferme dans son village perdu du Val-de-Travers: «On n’avait pas beaucoup d’argent et pas mal de temps à tuer. Je passais donc mes journées à dessiner.» A 14 ans, la jeune fille aspire à devenir graphiste, histoire de faire de sa passion pour le dessin son métier. Après deux échecs à l’Ecole d’art de La Chaux-de-Fonds, elle se lance dans un CFC de médiamaticienne où elle se forme au multimédia, au marketing, à Internet, à la pub… Parallèlement, l’ado, qui déclare de jamais avoir eu d’argent de poche, travaille comme aide-coiffeuse à ses heures perdues et comme archiviste chaque mercredi après-midi. Aujourd’hui, c’est grâce à ce pécule consciencieusement épargné et sous l’œil sceptique de sa maman qu’elle a pu autofinancer son installation. Et depuis janvier dernier, ça roule, sans que sa jeunesse ne soit un frein à sa crédibilité: «Comme on s’adresse aux petites entreprises, elles se sentent plus à l’aise devant quelqu’un comme nous que devant des personnes plus vieilles et plus expérimentées qui les prendrait de haut!»
Son site: www.corporactive.ch
«Les petites entreprises sont plus à l’aise devant des personnes de notre âge»























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