FEMINA Votre service vient de mettre sur pied des prestations inédites.
OLIVIER HALFON Parce qu’il y a de nouveaux maux chez les jeunes. On constate une augmentation de 40% des troubles bipolaires. Et on assiste à une épidémie d’autisme de l’ordre de 10%. Le diagnostic est souvent posé vers deux ou trois ans alors qu’il pourrait l’être vers un an. Dépister un problème au plus jeune âge permettra une meilleure prise en charge par la suite.
Quelles sont les raisons de cette recrudescence?
D’abord, l’autisme est mieux repéré que par le passé. Ensuite, notre société a changé. L’environnement familial est plus complexe. Nos vies sont compliquées, stressantes. On divorce, on crée des familles recomposées. Il y a pléthores de possibilités et donc énormément de choix à faire. Les personnes fragiles psychiquement le vivent mal. On constate qu’il y a également des causes environnementales, alimentaires, infectieuses et génétiques.
Quand on dit autisme, on parle de quel genre de trouble?
Cela va de l’autisme grave avec des enfants qui n’ont pas de langage à des formes plus légères comme le syndrome d’Asperger où dans ce cas, les jeunes parviendront à s’intégrer à la société. Pour détecter ces troubles, nous ouvrons un jardin d’enfants thérapeutique 0 à 3 ans. Parents et petits y joueront sous le regard de professionnels. Qui pourront repérer les retards de motricité ou le repli sur soi des bébés.
A part l’autisme, d’autres pathologies inquiétantes?
Il y a une augmentation des troubles de l’apprentissage. Beaucoup d’enfants peinent à apprendre à lire et à écrire. La dyslexie est en hausse. Pareil pour les troubles du développement: on a créé une consultation spécialisée dans l’hyperactivité. Au registre des comportements, on va travailler sur l’alcoolisme et la toxicomanie chez les enfants dès 12 ans en proposant des prestations de jour à l’Hôpital de l’Enfance.
Les petits ne vont pas bien… La faute à la société?
Oui et j’y reviens, quitte à me répéter: le mode de vie des pays industrialisé est très complexe. Plus un pays se développe, plus il y a d’anorexie, on le constate en Chine notamment.
Cette pathologie est-elle également en progression chez les Romands?
Oui. C’est la raison par laquelle, en plus de la création de lits, nous allons compléter l’offre par un accueil de jour donnant la possibilité aux adolescents de suivre des ateliers consacrés notamment à la cuisine et au bien être corporel.
Ferez-vous un travail avec les parents?
Oui, avant et après la naissance. Il y a une recrudescence de dépressions post-partum, ce qui peut entraîner des difficultés dans la relation mère-bébé. Par ailleurs, de nombreux prématurés se retrouvent en néonatalogie. Ce qui entraîne un stress extrême pour les proches. On veut les aider à surmonter ces traumatismes. Si les parents vont bien, il y a plus de chances que l’enfant se développe normalement.
Bio Express
Pédopsychiatre, le professeur Olivier Halfon dirige le SUPEA à Lausanne. Il a collaboré à plusieurs ouvrages consacrés aux enfants et aux adolescents en traitant, entre autres, du sujet de l’hyperactivité. Une journée destinée à tous les professionnels de l’enfance aura lieu le 14 novembre prochain: www.supea.ch























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