
Les temps s’annoncent durs pour nos finances, mais pas seulement.
Le chamboulement ambiant peut être néfaste pour nos amours.
Les Anglais ne manquent pas de pragmatisme. Selon un sondage publié il y a peu par le quotidienMetro, 20% des Britanniques interrogés pensent que leur couple ne résistera pas à la crise. Pourquoi? Parce que, quand on doit compter ses sous, les théâtres et les petits restos en amoureux ont du plomb dans l’aile, pardi! Si un tiers des sondés entre 25 et 34 ans dînent désormais at home, 11% des interviewés se disputent davantage depuis le début de la morosité financière et tout autant – les mêmes? – font moins l’amour.
On aurait adoré le contraire. Que les jours d’orage voient les amoureux se pelotonner l’un contre l’autre en attendant des temps meilleurs. «C’est une idée reçue qui veut que les conjoints se serrent les coudes lorsqu’ils ont des soucis, constate Emilio Pitarelli, thérapeute de couple, à Sion. Dans les faits, c’est plus compliqué.» Si quand ça va mal à l’extérieur, on se replie sur son couple, on le charge d’énormes attentes. Et plus on a d’attentes, plus on risque d’être déçu. «Quand la crise frappe un conjoint, l’autre n’a pas forcément le sentiment que c’est son problème», explique Robert Neuburger, thérapeute de couple. Certaines personnes veulent être uniquement dans un rapport homme-femme. Et surtout pas jouer à Emmaüs si l’autre est en difficulté. Peut-être est-ce mieux: certaines relations de «soutien» ne sont pas particulièrement émoustillantes. «Une attitude compassionnelle peut devenir lourde à porter, note Robert Neuburger. Il est souhaitable que cela ne dure pas trop longtemps.»
L’argent, nerf de l’amour?
L’idée ne brille pas par son romantisme, certes, mais la réussite financière permet à certains de se supporter. Preuve en est l’exemple de ce professionnel aisé que son épouse a fini par quitter quand il a perdu son job, il y a peu. «Leur couple battait déjà sérieusement de l’aile, mais le besoin de confort de madame faisait qu’elle restait», raconte Philippe Lechenne, chef de l’Office protestant de consultations conjugales et familiales, à Genève. Un cas qui serait loin d’être isolé.
L’histoire ne dit pas si madame avait, au préalable, tenté de prendre un amant. Car une autre possibilité en ces temps de recul matériel semble être l’infidélité. Selon des études américaines, la crise aura pour effet une forte recrudescence des amours volages. Fragilisés, les hommes chercheront par ce biais à conforter leur virilité alors que les femmes, elles, tendront à rechercher des hommes mieux équipés d’un point de vue pécuniaire.
Quand traverser une zone de turbulences revient à changer de niveau de vie, certains, en revanche, préfèrent continuer à donner le change, financièrement parlant, en empruntant. «La crise angoisse, déstabilise. On doit changer son regard sur soi-même, sur son conjoint. Remettre les enfants à l’école publique parfois», raconte Philippe Lechenne.
Mais on respire, les couples solidaires existent aussi. Dans l’adversité, certains se découvrent une solidarité toute neuve et un ennemi commun à combattre ensemble. Et ceux qui ont toujours un peu ramé souffriront moins que ceux qui se verront forcés de déménager dans un logement plus petit. «La réussite de cette épreuve dépend du mythe fondateur du couple», analyse Philippe Lechenne. Une union basée sur l’indépendance mâtinée de rivalité – style «je réussis mieux que toi» – vivra mal une baisse de statut social. Si tout tourne autour des vacances, de la belle villa et de la voiture dernier cri, ça va faire mal. En clair, c’est l’état de santé du couple avant le couac qui détermine la donne.
Cassera, cassera pas?
Notez parmi ces affirmations celles qui vous ressemblent le plus.
1. Mon couple, c’est notre maison, nos vacances, nos restos gastronomiques et week-ends amoureux.
2. L’essentiel entre moi et mon homme, c’est notre bien-être relationnel. Que l’un et l’autre soit bien chacun dans sa vie et que nous soyons bien ensemble.
3. Quand l'avenir m’empêche de fermer l’œil, je m’épanche sur mon amoureux en oubliant qu’il craint peut-être, lui aussi, de quoi demain sera fait.
4. Mon mari déprime sec dans son job et j’ai tendance à me laisser happer par ses malheurs.
5. Quand je perds pied, j’appelle illico ma vieille copine Jo. Bons conseils et rigolade assurés.
6. Le 15 du mois, le compte en banque affiche du rouge. Jules et moi sortons la calculette et voyons où nous allons sabrer.
7. Le plus chouette moment du week-end? Notre balade dans les bois, main dans la main.
Résultats
Vous avez acquiescé aux points 2, 5, 6 et 7?
Vous avez de bonnes chances de résister à la morosité ambiante.
Les points 1, 3, 4 vous parlent?
Alors, le moment est venu de (re)découvrir ce que vous faites ensemble, non?























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