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Les dernières statistiques suisses indiquent une diminution des divorces et une augmentation des mariages. Nouveau souffle pur l’engagement? C’est ce que pense le thérapeute Carlo Trippi.
FEMINA C’est historique, les divorces ont diminué de 1,4% en 2008. Qu’en pensez-vous?
CARLO TRIPPI Ah, je l’avais prédit! Sérieusement, depuis deux ou trois ans, je constate un vrai changement de mentalité. Des jeunes de moins de 25 ans viennent consulter pour suivre des séminaires de gestion de conflits. Ils veulent développer les outils pour que leur histoire dure.
Et pourquoi les couples plus âgés renoncent-ils, eux, à se séparer?
Parce que le monde autour d’eux vacille, sans doute. La situation économique actuelle mêlée au stress n’offre pas un climat rassurant. Si l’on ajoute à cela un univers professionnel dont beaucoup se retrouvent exclus, nombreux sont les partenaires à se replier sur d’autres valeurs. L’écologie, le développement durable, la famille… et le couple, donc.
D’un autre côté, moins éthiquement correct, on sait que divorcer coûte cher…
C'est vrai, il faut être réaliste. Il existe quantité de «divorces» non consommés pour diverses raisons. Le couple cohabite pour les enfants, la maison ou encore par confort.
Plus romantique, il y a une hausse des unions de 3%. Qui serait due en partie aux mariages célébrés le 08.08.2008. Un peu bébête, non?
Je ne trouve pas. Certains veulent célébrer leur mariage d’une façon plus mémorable encore. L’ancrer dans l’histoire de leur couple et le marquer d’une pierre blanche. Cela me choque de rencontrer des partenaires qui n’ont plus aucun souvenir de leur tracé commun.
Nombreux sont les futurs parents à unir leurs destins, le bébé étant le déclencheur du «oui». Sommes-nous, en Suisse, plus traditionalistes?
Peut-être. Mais on a tort de voir la tradition sous un angle forcément contraignant. Dans les faits, je ne crois pas que ce soit le cas. Le couple attend un bébé se prépare à un chamboulement à plusieurs niveaux: conjugal, social, professionnel. Se marier à se moment-là, c’est offrir une protection à l’être à venir mais aussi donner un sens et une structure à ce que l’on vit.
Plus de mariages, ça vous réjouit?
C’est clair. Je ne défends pas le mariage en tant que tel, mais davantage d’unions signifie davantage d’engagements. S’unir, c’est fort et cela revient à dire: «Je prends le risque de marcher sur ce chemin avec toi.» S’engager représente à mes yeux la base de la réussite du couple.
Quand rien ne va plus, malgré le beau mariage, que suggérez-vous?
Au couple qui veut essayer de continuer ensemble, nous proposons un programme sur six mois à effectuer chez soi. La base de la thérapie Imago consiste à développer des outils pour mieux comprendre qui est son conjoint et pourquoi il réagit de telle ou telle façon. Il s’agit de lâcher son système de défense pour entrer dans le monde de l’autre dans un climat de sécurité.
Et ça marche?
Si les deux partenaires jouent le jeu, plutôt très bien.
Bio Express
Thérapeute conjugal, Carlo Trippi, 60 ans, travaille avec son épouse Carla depuis des années. Ensemble, cette année, ils ont ouvert la Maison du Couple à Lausanne. Ils y pratiquent la méthode Imago.
Infos sur www.lamaisonducouple.ch























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