Couple: les dessous des alliances

Qu’est-ce qu’un anneau dit d’un couple? Journaliste à Femina, Marlyse Tschui a recueilli les récits d’amours qui se font et se défont autour des alliances.

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Par Sylviane Pittet

 


 

Qu’est-ce qu’un anneau dit d’un couple?
Journaliste à Femina, Marlyse Tschui a recueilli les récits d’amours
qui se font et se défont autour des alliances.

On en rêve, on la choisit, on la glisse à son doigt. Ou pas. On se dispute parfois dans l’antre feutré du bijoutier pour se mettre d’accord sur sa couleur et sa matière, or ou platine. Ou on l’achète à un marchand ambulant, un soir d’été où le vent est chaud comme les cœurs. Elle, c’est l’alliance. Que certains exhibent et d’autres pas. Qui raconte une histoire ou ne veut rien dire. Pourquoi? Quel rôle tient-elle dans la mise en scène amoureuse? Pour comprendre ce lien de métal qui nous unit à l’être cher, Marlyse Tschui, journaliste, a prêté l’oreille aux confidences. Interview.

Femina D’où vous est venue l’idée d’un livre sur les alliances?
Marlyse Tschui De mon vécu. Quand j’ai divorcé, je me suis retrouvée avec cette bague entre les mains en me demandant ce que j’allais bien pouvoir en faire. En posant la question autour de moi, j’ai réalisé que je n’étais pas la seule… Cet anneau, si fin et léger parfois, possède une portée immense. Comme une sorte de cordon ombilical.

De cordon ombilical?
Disons qu’on naît avec cette attache à notre mère, qui nous est coupée. Devenu adulte, on cherche à recréer ce lien en faisant alliance avec quelqu’un. Ce n’est pas pour rien que l’on dit du mariage «le fil à la patte».

Se sent-on davantage lié à l’autre quand on arbore son alliance?
Peut-être. Ceux qui la portent évoquent un lien constant avec leur conjoint. De là à croire qu’exhiber son anneau freinerait l’infidélité, je ne le pense pas. Au contraire, celui qui cherche l’aventure flirtera plus facilement avec quelqu’un qui a une alliance.

Y a-t-il des milieux où «la bague au doigt» a une portée forte?
Sans hésiter auprès des gays, hommes et femmes, où posséder une alliance représente un pas extrêmement important. Cela revient à dire clairement au monde extérieur, hétéro et gay, «j’ai quelqu’un dans ma vie». A l’inverse, les ex-soixante-huitards arborent peu d’anneaux de mariage.

Parmi les jeunes, les alliances ont la cote. On les fait faire sur mesure, on les personnalise en y gravant des mots doux. On cherche à être unique, non?
Sans doute. Exception faite des bagues de fiançailles passées de mode, le mariage et tout son tralala reviennent très fort chez les plus jeunes. Certains s’offrent aussi des bagues d’amitié qui veulent dire «on est ensemble mais sans engagement». Mais selon les bijoutiers, le choix immense d’alliances qui s’offre aux mariés a quelque chose à voir avec le nombre important de «remariés». Qui cherchent à passer à leur doigt une bague très différente de celle de leur première union.

Peut-on dire que celui ou celle qui ne porte pas son alliance ne tient pas à son couple?
Non. Il n’y a pas de règle, ce serait trop simple. L’alliance parle d’amour, mais c’est tout en nuances. Pour les uns, elle symbolise l’union alors que d’autres exhibent l’anneau de leur mère. Pour d’autres encore, elle parle de confiance, de fidélité, elle évoque la présence de l’autre. Une femme m’a confié ne plus parvenir à porter son anneau de mariage depuis l’infidélité de son mari, voilà quinze ans. Au grand désespoir de ce dernier… L’anneau de mariage cristallise l’amour et le désamour. Ainsi, la dissolution du couple entraîne parfois le «jet d’alliance». Que l’on se jette à la figure, dans une rivière voire dans la cuvette des WC.

 

La bague au doigt,
récits intimes de Marlyse Tschui,
Ed. Anne Carrière,
133 pages

 

 

 

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