Des enfants plus futés grâce à l’horaire continu?

Une étude suisse le prouve: l’école en continu améliore les performances des élèves et leur confiance en eux. Les explications de Marianne Schüpbach, co-directrice de la recherche...

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Par Marlyse Tschui

 

Une étude suisse le prouve: l’école en continu améliore les performances des élèves et leur confiance en eux. Les explications de Marianne Schüpbach, co-directrice de la recherche.

 

FEMINA Votre étude, réalisée auprès de 521 élèves du primaire dans onze cantons, montre que ceux qui bénéficient de l’horaire continu ont de meilleurs résultats scolaires. Comment l’expliquer?

MARIANNE SCHÜPBACH Mon hypothèse est que ces enfants ont davantage de possibilités de communiquer avec d’autres enfants, et même, pendant les devoirs surveillés, avec des adultes. Qu’il s’agisse d’expression orale, de vocabulaire ou de rapidité de lecture, leurs résultats sont supérieurs à ceux des écoliers qui n’ont pas l’horaire continu. Ils ont plus de facilité à se concentrer.

Et qu’en est-il de leur comportement, de leurs capacités relationnelles?

Dans ce domaine, nous avons également constaté de nettes différences. Ces enfants témoignent d’un meilleur développement social et émotionnel. Ils sont plus à l’aise dans leurs relations avec leurs camarades, moins inquiets et moins nerveux quand ils se trouvent confrontés à une situation nouvelle. Leur confiance en eux est plus élevée.

Qu’en concluez-vous?

Que plus le champ d’expérience d’un enfant est vaste, plus il a de possibilités de développer ses compétences. Le contact avec des élèves de tous âges, pas seulement en classe, mais aussi pendant les repas et en jouant dans la cour d’école, lui est bénéfique. Tout comme, d’ailleurs, les relations avec des adultes autres que ses parents.

J’imagine que pour l’enfant qui rentre à la maison, c’est agréable de savoir que ses devoirs sont faits et qu’il peut profiter de son temps libre…

C’est un avantage pour l’enfant et cela allège la tâche des parents, car les devoirs non faits peuvent être une source de conflit dans la famille. Un autre aspect des devoirs surveillés, c’est qu’ils réduisent les inégalités scolaires, en soutenant les écoliers qui ne bénéficient pas de l’aide des parents pour faire leurs leçons.

Qu’est-ce qui vous a motivée pour entreprendre cette recherche?

Ex-institutrice, j’avais repris des études en sciences de l’éducation en axant mon travail de doctorat sur la question du redoublement et de l’échec scolaire. Je voulais savoir comment on pourrait améliorer le système scolaire pour augmenter les chances de réussite des élèves, en particulier ceux issus de milieux défavorisés.

L’horaire continu est-il également profitable aux enfants plus jeunes, par exemple à l’école enfantine ou en garderie?

Plus la stimulation est précoce, plus l’enfant en profite. De nos jours, les familles ne comportent souvent qu’un ou deux enfants. Dans les villes, les gosses ne peuvent plus, comme autrefois, retrouver leurs copains dans la rue pour jouer. Cela limite les contacts sociaux. Alors que l’école ou la garderie, ce sont aussi des terrains de jeux, des lieux de rencontre où peuvent se nouer des amitiés. La mère ou le père, même s’ils jouent avec leur enfant, ne remplacent pas les petits copains. Leur rôle est différent.

 

Bio Express

Marianne Schüpbach , spécialiste en sciences de l’éducation, publie «Ganztägige Bildung und Betreuung im Primarschulalter» (Horaire continu à l’école primaire). Un livre tiré d’une recherche soutenue par le Fonds national suisse.

 

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