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Il est le premier bébé indien donné en adoption par Terre des hommes. Quarante ans plus tard, le Genevois Lorin Voutat accompagne la fondation pour visiter ses projets en Inde. Son carnet de route.
Lorin Voutat à Calcutta:
Lorin Voutat est l’exemple d’une adoption réussie. Bébé de 2 jours laissé à la porte d’un orphelinat de Madras, il a 9 mois – et il s’appelle Joseph – quand Terre des hommes le confie à ses parents adoptifs genevois, papa entrepreneur et maman galeriste. Ceux-ci le baptisent Lorin. Quelque deux ans plus tard, ce sera au tour de Lorin de «recevoir» une petite sœur, venue, elle aussi, d’un orphelinat indien. Parfaitement intégré à la société suisse, Lorin se construit une trajectoire magnifique; licencié en sciences économiques, il est devenu un lanceur de start-up, le mari d’une notaire économiste de la santé et le père d’une fillette de 4 ans. Jamais, dit-il, il n’a été traversé par le désir de rechercher sa parenté biologique. Et voilà que, quarante-cinq ans après son adoption, la Fondation Terre des hommes demande à ce 200% Suisse (comme il se définit lui-même) de visiter les projets en Inde de l’organisation. Curieux de tout, le très actif directeur d’Ilion Security (société de sécurité informatique) a dit oui. «C’est une opportunité de voyager autrement et de voir des choses qu’un touriste ne peut pas voir.» Ce n’était pourtant pas la première fois qu’il mettait le pied dans son pays natal puisque, étudiant, avec deux copains, il avait visité sac au dos le Rajasthan, le Cachemire et le Ladakh «tel un bon touriste suisse». Mais à l’époque, ni le pays ni les gens ne l’avaient séduit. «J’ai énormément voyagé, vécu dans divers pays, et l’Inde est celui qui m’a le moins plu, c’est le seul endroit où je n’ai jamais vu un geste gratuit», disait-il avant son départ. Entre le 16 et le 23 février, Lorin Voutat a découvert une Inde plus éprouvée, plus chaleureuse – que celle qu’il avait en tête. Et surpris qu’à aucun moment de son périple, un Indien ne lui demande d’où il venait! «Pour eux, je faisais partie intégrante du groupe de délégués, et ils n’avaient pas l’air de remarquer que je leur ressemblais…»
Le Centre Mère Teresa.
Une Bannière du Refuge des femmes violentées. |
«Je fais le tour des ateliers créés pour former ces jeunes filles, ce qui leur permettra de retrouver leur dignité et un nouveau départ lorsqu'elles pourront revenir dans leur pays ou leur famille.»
«Visite d'un village de pêcheurs de la Communauté de Dahlit. Une aventure pour y aller! Depuis Madras, 9 heures de train et 4 heures de route... Le système des castes réduit les Dahlits (plus de 200 millions) à la misère. Ils n'ont ni eau, ni électricité, ni système de santé. Plus de 2000 villageois bénéficient de l'assistance de Tdh.»
«A Calcutta, nous allons au refuge qui accueille des jeunes filles ou femmes victimes de violences. D'origine du Népal, d'Inde, du Bangladesh ou d'autres pays, certaines sont des rescapées de a traite et sont souvent envoyées par la police.»
«Le plus dur du périple: la découverte de l'orphelinat créé par Mère Teresa. je découvre ces enfants comme un bon Suisse, avec un peu de pitié et beaucoup de tristesse. Trop n'auront pas la chance que j'ai eue, moi, de trouver une famille en Suisse. Et je n'arrive pas à m'imaginer qu'un jour lointain, je me trouvais là, moi aussi, à tuer le temps dans un petit lit.»
«A l'orphelinat de Mère Teresa sont reccueillis des bébés ou des jeunes enfants, souvent trouvés dans la rue ou amenés par la police et parfois même par un membre de leur famille qui espère un futur meilleur pour eux. Comme ils ne manquent pas de jouets, nous avons finalement distribué nos peluches aux enfants des rues tel ce petit garçon...» |
Les projets de la Fondation
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