Dossiers
Avec beaucoup de soins et de patience, vous pouvez cultiver un miniverger en pots. La preuve par 4.
Les 4 conditions de départ
1. Des doigts verts et de la passion: c’est le prix à payer pour manger ses propres abricots, cerises, pêches, pommes et poires sans jardin ni verger!
2. Une bonne insolation: un balcon ou une terrasse au sud ou sud ouest. Protéger les plantes du gel.
3. Assez de place: un bac de 50 à 60 cm de diamètre et de hauteur, c’est le minimum vital pour un petit fruitier.
4. Un pot en terre bien drainé: un trou au fond + une bonne couche de billes d’argile + du terreau à fleurs + un arrosage automatique de type goutte à goutte (en jardinerie), car le manque d’eau serait fatal à l’arbre.
Les 4 critères pour choisir les bons arbres
1. On choisit des variétés naines! Elles ne dépassent pas 1 m 50 une fois adultes (8 à 10 ans) et sont adaptées pour vivre au balcon et en bac.
2. On préfère les variétés autofertiles. Dans un verger, les arbres se pollinisent les uns les autres, sur un balcon, on n’y compte pas, même si on plante deux ou trois sujets. Bien se renseigner au moment de l’achat.
3. On fonce sur les variétés esthétiques aussi hors fructification: les fruits ne durent qu’un moment. Pour le prix (entre 60 et 90 francs le minifruitier), on exige un beau feuillage (comme le pêcher) ou une riche floraison (les cerisiers).
4. On achète local: il reste quelques pépinières en Suisse, comme Haeberli, basée outre-Sarine (www.haeberli-beeren.ch) et spécialisée dans les fruitiers nains. On trouve dans sa gamme Lilliput des cerisiers, des abricotiers, des poiriers… Beaucoup de garden centers romands s’approvisionnent chez eux. Vente par correspondance: e-mail à ggsa-graines@bluewin.ch
Les 4 piliers des bons soins
1. On apporte un engrais complet régulièrement (selon la notice de chaque produit). Existe en version bio.
2. On apprend à jouer juste du sécateur selon la variété choisie. Les nains poussent très lentement! L’idée est de garder une couronne bien aérée.
3. On soigne la terre nourricière autant que la plante elle-même: on change 4-5 cm de la terre en surface chaque année.
4. On prévient les maladies. Une fois qu’elles sont installées, elles sont plus difficiles à éradiquer. Là aussi, on peut le faire avec des produits bio. Et on protège certaines variétés de la pluie (pêcher, nectarinier, abricotier) pour éviter de devoir les traiter au fongicide.
Pourquoi pas des baies?
Framboisier, groseiller, fraisier: les baies demandent moins de soins et de place et supportent un espace réduit. Elles forment de jolies haies dans des bacs rectangulaires (les myrtilles, en terre acide) ou des pergolas (le kiwi, liane grimpante à planter en couple si on espère des fruits!).
Le trend des vieux ceps en pot
On trouve depuis peu de très vieux et tortueux ceps de vigne, vendus chez les fleuristes à prix d’or (entre 300 et 500 fr.). Agés de plusieurs dizaines d’années parfois, fichés dans un bac, ils ne produisent que quelques feuilles et encore moins de fruits: c’est leur bois sculptural qui plaît. Qui sont-ils, d’où viennent-ils? «Ce sont des vieux pieds de vigne arrachés, comme on arrache en Espagne et ailleurs les oliviers centenaires pour l’exportation et la replantation dans des jardins plus au nord, détaille Alain Merlier, chef de la section arboriculture fruitière à Lullier. La vigne est très résistante et même si elle a besoin de place pour ses racines, elle peut survivre dans un bac quelque temps. Ensuite, tout est question de soins: comme pour les fruitiers en pots, même en ce qui concerne les variétés naines, ce type de culture exige pas mal de savoir-faire et de passion pour tenir plus d’une saison.»
Remerciements à Alain Merlier, arboriculteur et enseignant au Centre de Lullier.























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