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La Valaisanne Catherine Lovey publie son troisième livre, «Un roman russe et drôle». Portrait en acrostiche d’une femme passionnée.
R comme Roman
«J’ai beaucoup relu le Journal d’un écrivain de Dostoïevski. C’est un auteur qui me donne le «la». La littérature nous rend notre humanité en nous montrant le monde sous de multiples facettes. Elle doute, questionne. Il n’y a pas de certitude. C’est ce que j’essaie de faire.»
U comme URSS
«J’ai connu l’empire soviétique dès 1987. Je me souviens de l’odeur des gares russes, de lait caillé, aigre. En vingt ans, c’est affolant de voir le nombre de choses qui se sont passées. Quand j’en parle à mon fils qui a 20 ans, j’ai l’impression de débarquer de l’Antiquité.»
S comme Sacrifice
«Je suis fascinée par Mikhaïl Khodorkovski. L’homme le plus riche de Russie est un bouc émissaire, déporté en Sibérie parce qu’il gênait le pouvoir. Il est devenu une figure sacrificielle, un résistant, et il a l’audace de laisser paraître sa fragilité. Tous les jours, il risque la mort.»
S comme Sibérie
«J’y ai suivi les traces de Khodorkovski. Les confins me plaisent pour ce qu’ils disent de notre société. C’est aussi la terre de la terreur, du goulag. Il n’y a pas moins de vie, mais les perceptions sont plus extrêmes. Comme en Finlande, on se souvient que la lumière est précieuse.»
I comme Intime
«Je vis à Vevey. Mon fils Jérémy est étudiant à l’école hôtelière et ma fille Giulia, 12 ans, écrit beaucoup. Je suis la compagne du journaliste Patrick Ferla. Mes enfants influencent mon écriture, ils m’ont obligée à me frotter au concret, à descendre sur terre. Ils ont formé mon regard et ma voix.»
E comme Enquête
«J’ai suivi des études de criminologie et d’économie et travaille dans le journalisme financier. J’aime les structures, bâtir une enquête, démontrer. La littérature, elle, n’est pas une enquête, mais une quête: de l’idéal, du sens des choses. J’ai besoin de ces deux voies».
Une quête de sens
Voici un roman qui porte bien son nom. «Russe», il raconte la quête de Valentine, une Suissesse partie en Sibérie sur les traces de l’oligarque Khodorkovski, multimilliardaire condamné pour fraude (mais en réalité parce qu’il gênait Moscou en soutenant l’opposition). «Drôle», il fait sourire, parfois jaune. L’écriture enlevée mêle détails terre à terre et thèmes élevés avec brio. Il se développe en histoires gigognes au risque de dérouter parfois. Humble, il se garde de conclure et préfère soulever des questions.
Un roman russe et drôle, de Catherine Lovey, Ed. Zoé, 288 p.


























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