en suisse

    «Amy», un documentaire entre archives et témoignages

    Asif Kapadia a réussi un tour de force en réalisant un documentaire de deux heures sur Amy Winehouse uniquement basé sur des documents d'archives et des témoignages de son entourage. Puissant.

    Publié le 
    7 Juillet 2015
     par 
    Aude Haenni

    Ceux qui se trouvaient à Paléo ce samedi 27 juillet 2011 s’en souviennent encore. La nouvelle s’était rapidement répandue: Amy Winehouse est décédée. Et ce, quelques heures avant son concert sur la Grande Scène – concert par ailleurs annulé en juin. Triste coïncidence.

    Quatre ans plus tard, Asif Kapadia, avec son documentaire, nous replonge dans cette lente descente aux enfers qui amènera la chanteuse de 27 ans à cette overdose fatidique.

    Tout commence avec une image d’archive de cette Londonienne, âgée de 14 ans, riant, souriant et surtout chantant «Happy Birthday» avec cette voix unique. Des vidéos intimes filmées par ses amis aux enregistrements de concerts en passant par les voix off de son entourage, c’est par cet habile procédé que l’on découvre Amy, constamment présente sur l'écran.

    Ses chansons jazzy, son premier contrat, ses débuts prometteurs, son je-m’en-foutisme, toute sa vie y passe. Mais le sourire aux lèvres n’est que de courte durée. Lentement, les images et les commentaires font place au côté malsain de sa vie. Boulimie, père absent, amour destructeur, dépression… Entre deux témoignages, on découvre aussi des images de paparazzis qui s’en donnent à cœur joie. Ces flashs qui crépitent nous mettent mal à l’aise.

    De mauvais choix, de mauvaises influences, Amy, fragile, s’enfonce. Et ne peut même plus se réfugier dans la musique. On la force à monter sur scène, elle se saoule pour que sa tournée soit annulée. Les images sont bouleversantes. Une lueur d'espoir par la suite? On connaît malheureusement le dénouement de cette histoire.

    La musique avant tout

    Un documentaire sur une chanteuse se devait d'être rythmé par la musique, élément essentiel de la vie d'Amy. D'autant plus lorsque les moments chantés, avec les paroles qui défilent sur l’écran, nous font réaliser qu’Amy se mettait à nu à travers ses titres. «They tried to make me go to rehab, but I said no, no, no» («Ils ont essayé de m’envoyer en désintox’ mais j’ai dit non, non, non»), «You go back to her and I go back to black» («Tu retournes vers elle et je retourne dans le noir») en sont des exemples parmi d’autres, entre une première désintox' suggérée et sa rupture avec Blake, l'homme de sa vie.

    Avec «Amy», Asif Kapadia désirait rétablir une certaine vérité sur celle que l’on avait cataloguée comme une fille dévastée. On ressort de la salle en se remémorant la chanteuse, celle qui nous avait bouleversés à ses débuts. Et on se dit que l'on réécoutera ses albums avec d'autant plus d’attention.

     

     

    «Amy», dès le 8 juillet 2015 au cinéma.

     

     

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