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Calme plat. L’auteur suisse Peter Stamm quitte le registre de la nouvelle, dans lequel il excelle, pour écrire un roman sur un homme incapable d’aimer.
Alex forme avec Sonia un couple modèle. Munichois, tous deux architectes, ils se sont rencontrés pendant leurs études, avant la chute du mur. Le problème, c’est que ni l’un ni l’autre ne vibre: ni de passion ni même de colère. Côté amour, les encéphalogrammes restent plats. Sonia, ambitieuse professionnellement, se donne entièrement à son travail et fuit les contacts charnels avec Alex. Lui l’a épousée par convenance, sans se poser de question, «tout m’était arrivé sans que j’y sois pour rien», confie-t-il au lecteur. Il rencontre une Polonaise sans papiers, Iwona, encore plus mutique que lui. Pas gâtée par la nature et simplette, elle est cependant le seul personnage capable d’amour dans ce roman. Toute sa vie, elle restera fidèle à Alex, cet homme qui l’utilise comme un animal fidèle. Elle acceptera de rester la femme de l’ombre, la maîtresse méprisée. L’enfant qu’ils auront, elle le lui cédera. Sophie grandira comme si elle était la fille légitime du couple Alexandre/Sonia.
En surface, ce roman n’a l’air de rien. Le narrateur, Alex, lui donne une teinte grisâtre. On a peur de s’y ennuyer, tellement sa voix descriptive manque de tonus, aussi lassante que l’architecture Est allemande. Mais l’effet, le coup-de-poing, vient rétrospectivement: la noirceur du portrait d’une société hypocrite, la vacuité de vies égoïstes et apathiques. Les personnages sont comme des cochons d’Inde, tournant toute leur vie dans une roue, jusqu’à une mort inutile.
Sept ans, de Peter Stamm, Ed. Bourgois, 272 p.













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