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    «Ready Player One»: Steven Spielberg en mode vintage vers le futur

    Le roi du divertissement revient à la science-fiction et au spectaculaire, ses premières amours, avec «Ready Player One», dans lequel il célèbre la culture pop des années 70-80 qu'il a lui-même largement contribué à façonner. Un long-métrage à savourer au cinéma dès le 28 mars 2018.

    Publié le 
    26 Mars 2018
     par 
    Muriel Chavaillaz

    Comme en 1993, lorsque sortirent à quelques mois d'écart «Jurassic Park» et «La liste de Schindler», ou en 2005 lorsque s'enchaînèrent «La guerre des mondes» et «Munich», la schizophrénie spielbergienne se manifeste à nouveau. En janvier 2018, le cinéaste américain a présenté le très politique «Pentagon Papers» et le voilà déjà de retour avec cet objet pop-corn rétrofuturiste qu'est «Ready Player One», en salles mercredi 28 mars 2018.

    L'Oasis, l'ultime jeu vidéo

    Adapté du roman «Player One» d'Ernest Cline, le film se déroule en 2045. Le monde est au bord du chaos. Les villes sont devenues des bidonvilles, les gens vivent dans des mobil-homes qui s'entassent à la verticale les uns sur les autres. Pour échapper à leur quotidien, ils mettent un casque et se réfugient dans l'OASIS, un jeu vidéo dans lequel ils ont pour seule limite leur propre imagination.

     

     

    Lorsque le créateur de cet univers virtuel décède, il donne un ultime défi à ses admirateurs: il lèguera sa fortune ainsi que le contrôle de son œuvre à celui ou celle qui trouvera trois clés cachées dans l'OASIS. Une chasse au trésor que le jeune Wade Watts (Tye Sheridan) va mener tambour battant, au mépris de dangers pas toujours virtuels opposés par Nolan Sorrento (Ben Mendelsohn), patron d'une multinationale qui cherche également à s'emparer du magot.

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    Particularité du futur proposé par Cline/Spielberg: il est truffé de références à la pop-culture du passé. Celle qui connut son âge d'or entre 1970 et 1990. L'OASIS est ainsi peuplée de personnages, monstres, lieux et objets issus de films, séries ou jeux cultes.

    De Kubrick au Rubik's Cube

    «La nostalgie a toujours été un sentiment puissant. Elle amène du réconfort, surtout quand le monde n'est pas dans la phase la plus heureuse de son développement», soulignait Spielberg lors d'une récente journée promotionnelle à Los Angeles.

    Au fil du périple de ses «aventuriers des clés perdues», il propose au spectateur de prendre part à sa propre chasse au trésor. Chacun trouvera au gré des séquences sa madeleine de Proust: la Delorean de «Retour vers le futur», le robot R2-D2 de «Star Wars», la moto du manga «Akira», la veste rouge de Michael Jackson dans «Thriller», «King Kong», la poupée «Chucky», le Rubik's Cube...

    Pour autant, le cinéaste de 71 ans qui a révolutionné le cinéma de divertissement et nourri l'imaginaire de plus d'une génération de spectateurs évite l'autocélébration. Seul un T-Rex échappé de «Jurassic Park» renvoie à sa propre imagerie pourtant riche en icônes, d'«E.T.» à «Indiana Jones». Spielberg préfère rendre hommage. Que ce soit à son ami Robert Zemeckis, dont «Retour vers le futur» est habilement cité lors d'une course-poursuite, ou à celui qu'il considère comme son maître, Stanley Kubrick, dans une séquence mémorable qui nous ramène dans l'Overlook Hotel de «Shining».

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    Pas fan de l'amourette entre les deux héros...

    Des moments de cinéma assez jubilatoires qui ne parviennent toutefois pas à masquer quelques faiblesses. Parmi celles-ci, la prévisibilité du scénario ou encore l'amourette vécue par le jeune héros, prétexte à un message facile, du type «la réalité virtuelle c'est bien, mais rien ne vaut les vraies émotions fortes». Enfin, la majeure partie de «Ready Player One» se situe dans l'OASIS, dont l'esthétique jeu vidéo ne flatte pas toujours la rétine. Aussi virtuoses soient ces séquences en images de synthèse, on peut leur préférer l'époque où Steven Spielberg faisait des miracles avec sa caméra pour filmer des cascades réelles dans des décors naturels. Nostalgie, quand tu nous tiens...

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