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    #JobDeRêve: Nous végétalisons les toitures de Genève

    Grâce à leur association «Terrasses Sans Frontières», Diane, Nathalie et Léonore se sont promis de végétaliser un maximum de toits genevois. Ce beau projet écologique s'inscrit dans une philosophie de développement durable, et plante la vie, dans toute ses dimensions, au sommet de nos bâtiments. Rencontre avec trois pétillantes jeunes femmes qui luttent pour un meilleur demain. 

     

    Publié le 
    10 Novembre 2017
     par 
    Ellen De Meester

    Arrêtez-vous une seconde, et imaginez ceci: vous vous baladez le long des rues genevoises, parmi les vrombissements des moteurs et les bavardages nerveux des passants. Vous levez le nez au ciel, afin de mesurer distraitement la hauteur des bâtiments qui vous entourent. Et là, plutôt que d'apercevoir une épaisse couche de stratus encadrée de froides parois grises, vos yeux rencontrent... une nature verdoyante! Tout en haut de ces constructions citadines trône une toiture végétalisée, un cinquième façade broussailleuse et bourdonnante de vie. 

    Animer les toits

    Voici le rêve que travaille à réaliser l'association «Terrasses sans Frontières», fondée en février 2017 par trois jeunes femmes foisonnantes d'idées: dotées de parcours passionnants qui les ont progressivement menées vers cet amour partagé de la nature et du développement durable, elles se sont rencontrées un peu par hasard (à moins que le destin ait opéré pour elles). Leur objectif? S'emparer des toitures plates de la ville de Genève, et les transformer en un véritable petit ecosystème, domicile pour les abeilles, oasis de tranquillité pour les plantes locales, petits pansements protecteurs pour cette planète Terre que nous malmenons, au rythme de nos excès humains. Si la ville de Calvin dispose d'un total de 150 000 toitures potentiellement végétalisables, Diane, Léonore et Nathalie sont bien loin de se laisser décourager: car à l'image d'une petite graine plantée avec amour, leur projet a besoin, pour croître, de soleil, d'eau... et de temps. 

    Mais avant de vous en dire plus sur ces terrasses, et leurs incroyables vertus encore bien trop méconnues, faisons les présentations:
     


    © Xavier de Chirac

    La rencontre

    Si les fondatrices de «Terrasses Sans Frontières» se sont réunies autour d'une passion commune, toutes trois ont arpenté des chemins bien différents, avant de se croiser lors d'un «apéro d'Histoire» portant sur les potagers du Moyen-âge: 

    Nathalie, qui se décrit avec un sourire comme une «Vaudoise de cœur», possède depuis toujours la «main verte» et se rend régulièrement en Colombie, où son frère développe divers projets environnementaux: après un diplôme de commerce et une série de jobs dans l'administration, elle vit une expérience enrichissante de deux ans au sein des services industriels de Genève, «Eco-21», où elle se focalise avant tout sur l'économie d'énergie. 

    Diane, quant à elle, a vécu une véritable reconversion: plusieurs Masters de psychologie en poche, elle se tourne ensuite vers une formation de permaculture. Si ce ne sont pas la créativité et la volonté qui lui manquent, ainsi que l'admet cette yoggi en riant, elle souhaitait surtout devenir plus habile en matière de jardinage. C'est elle qui, en 2013, sentait naître en elle l'idée de développer les toitures végétalisées à Genève

    Léonore, également surnommée «Léo», nous donne l'impression d'avoir vécu plusieurs vies en un: ayant toujours adoré la nature (particulièrement les grenouilles, lorsqu'elle était petite), elle obtient un Master en économie et se promet de «revenir à la nature plus tard». Evidemment, la promesse fut amplement tenue: une expérience de «snake catcher» (attrapeuse de serpents) en Australie, une formation au développement durable, la découverte de Singapour et de ses toitures végétalisées et une rencontre marquante avec Nathalie Baumann, l'une des figures les plus emblématiques des toits verts... «Elle est aussi une déesse de la cuisine», ajoute Diane. Et cela se voit: il suffit de jeter un oeil au fil Instagram de «Raw Leo», le service de traîteur et cours de cuisine crue de Léonore, pour le comprendre. 


    © Terrasses Sans Frontières / de droite à gauche: Nathalie, Diane, Léonore

    Le projet

    Une fois la discussion entamée, l'objectif commun identifié, la graine germe rapidement: les trois jeunes femmes présentent leur projet naissant au concours suisse «IDDEA», en novembre 2016, et remportent la seconde place: 

    «Cette victoire nous a permis de présenter notre idée, d'être suivies durant six mois, le temps d'élaborer un "business plan" avec des experts, d'être formées à l'entreprenariat et d'élaborer le projet en profondeur, explique Diane. Cela nous a confortées dans l'idée qu'il y avait un réel potentiel, mais qu'il nous manquait simplement encore de l'espace pour le développer.»

    Dès ce moment, on pourrait carrément parler d'éclosion. L'association est créée, les cartes de visites de clients potentiels tombent entre les mains de ses créatrices, et les choses se mettent en marche; lentement, mais sûrement. Car l'énorme potentiel de Genève en matière de toitures végétalisées est malheureusement très peu exploité pour l'instant: 

    «Dans la ville de Bâle, 30% des toits plats sont déjà végétalisés, grâce à l'implémentation d'une loi en 2001, souligne Léonore. A Lausanne, les choses commencent à bouger également, il y a de plus en plus d'incitatives... mais à Genève, on n'en est pas encore là. Les professionnels manquent de connaissances sur les énormes atouts des toitures végétalisées. Mais dès qu'ils en prennent conscience, ils se montrent très enthousiastes! Petit à petit, nous faisons notre part du colibri.»

     

     

     

    Les incroyables bienfaits des toitures végétalisées

    La liste est interminable: c'est à se demander pourquoi nous n'avons pas tous végétalisé nos toits (à condition qu'ils soient plats)! En plus d'offrir un espace de vie supplémentaire, la végétalisation double la durabilité des toitures, baisse les coûts de chauffage, améliore l'insonorisation (avis à ceux qui vivent à proximité des aéroports), valorise le patrimoine immobilier (car avouons qu'une cinquième surface verdoyante, c'est quand même très, très joli!) et favorise la diversité de la faune et de la flore. 

    «Aujourd'hui, 80% des insectes volants ont disparu en Europe, rappelle tristement Diane. Mais les toitures peuvent contribuer à réanimer des pans de nature: on y retrouve notamment des espèces de papillons qu'on ne pensait plus voir revenir!» Il est également possible d'y installer des «hôtels pour insectes» ou des rûches, ce qui est un point important en vue de la menace qui plane sur ces indispensables petits êtres bourdonnants. 

    «L'association promeut la vie sur les toits. L'idée est de faire des ateliers sur les toitures qui y donnent vie: ainsi, nous animons diverses activités, du yoga, de la permaculture, de la cuisine de "Raw Leo"... De cette façon, on permet aux gens d'avoir accès à un mode de vie durable plus cohérent avec les besoins de demain. La permaculture met l'homme en intéraction dans la nature.»

    Et que ressentent ces trois créatives entrepreneuses façon «green», lorsqu'elles achèvent la végétalisation d'un toi? «Un pur bonheur», indique Léonore. «Quand je vois les yeux des gens s'écarquiller, lorsque je leur explique l'objectif de notre association, je sais que j'ai planté ma petite graine, et que nous changeons les consciences, ajoute Diane. Plus nous toucherons de personnes, mieux ce sera. Chaque mètre carré végétalisé est une réussite.»

    Espérons que ce beau projet continue de fleurir: nous, en attendant, on rêve d'avoir notre propre potager, tout en haut de notre toit, comme un oasis de tranquillité dont nous remerciera la nature. Et on lui doit bien cela, non?


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