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Ex-fan des eighties. Comment se faire dédommager quand on a perdu quinze ans de sa vie? C’est la question que se pose Annie, 39 ans, face au désastre de son couple…
Comment l’appréciation d’un disque justifie-elle l’adultère? Comment le culte d’une ex-star du rock peut-il conditionner une vie de couple jusqu’à l’absurde? Quinze ans après High Fidelity, son roman le plus célèbre adapté au cinéma par Stephen Frears en 2000, Nick Hornby replonge à nouveau dans l’un de ses milieux favoris: les fans de rock. Cette fois, le héros ne retrace pas ses nombreux échecs amoureux au fil de sa discographie mais le bilan n’est guère plus joyeux.
Quand Annie quitte Duncan après quinze ans d’une vie de couple plus que tiède, elle se demande bien comment, à 39 ans, rattraper ces années perdues. Installés dans une petite station balnéaire endormie du nord de l’Angleterre, ils n’ont pas vu le temps passer. Lui obnubilé par sa passion pour un obscur chanteur américain des années 80 tombé dans l’oubli, Tucker Crowe. Elle se laissant doucement mener comme une somnambule au point de passer ses vacances en pèlerinage sur les lieux cultes de la carrière dudit chanteur. Un jour, Tucker sort un nouvel album inattendu (Juliet, Naked), Duncan s’emballe sur le forum spécialisé qu’il anime et Annie mesure la vacuité de sa vie. Elle n’hésite pas une seconde à reprendre sa liberté après une infidélité de son compagnon, mais comment obtenir réparation pour une vie gâchée? De l’autre côté de l’Atlantique, Tucker Crowe n’en mène pas large non plus, avec ses cinq enfants de quatre femmes différentes. Internet, la musique et une bonne dose d’humour s’incrustent dans la gérance de cette crise existentielle, filtrée par le flegme de l’auteur. A bientôt 60?ans, Nick Hornby s’amuse toujours autant à dépeindre des personnages qui refusent d’entrer dans l’âge adulte, même à l’approche de la quarantaine. Avec un cynisme mais aussi une grande sensibilité, il parvient à rendre poignant des destins au départ risibles et nous faire douter de nos propres repères.
Juliet, Naked, de Nick Hornby, éditions 10/18, 324 p.













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