culture

    «Wonderstruck», touchante plongée dans le monde silencieux de deux enfants sourds

    Deux ans après «Carol», une histoire d'amour entre deux femmes, l'Américain Todd Haynes revient le 18 mai 2017 en compétition à Cannes avec «Wonderstruck», relatant le destin de deux enfants sourds à 50 ans d'intervalle, et signe un film très émouvant porté par ses jeunes acteurs dont Millicent Simmonds, elle-même malentendante.

    Publié le 
    19 Mai 2017
     par 
    Relaxnews

    «Le casting des enfants a été la base du travail sur le film», a souligné le réalisateur de «Loin du paradis» lors de la conférence de presse cannoise. A ses côtés: Michelle Williams et Julianne Moore, son actrice fétiche.

    Les deux comédiennes figurent au générique du film, mais se font presque voler la vedette par les jeunes interprètes: Millicent Simmonds (Rose), découverte lors d'un casting mené à travers tous les Etats-Unis, Oakes Fegley (Ben) et Jaden Michael, qui joue le rôle de Jamie, l'ami entendant.

    Un scénario bouleversant

    Peinture de la solitude de l'enfance, renforcée par la surdité des personnages, «Wonderstruck» conte les destins parallèles de Rose et Ben, l'un en 1927, l'autre en 1977.

    Lui est devenu sourd à la suite d'un accident et doit s'habituer à ce handicap récent. Elle est sourde depuis plus longtemps et trompe son ennui en allant voir des films muets qui s'apprêtent à être remplacés par le parlant.

    Tous deux vont s'enfuir à New York, à la recherche d'un parent. Une échappée dans la Grosse Pomme, à hauteur d'enfant donc, qui n'est pas sans évoquer certains romans de Charles Dickens.

    De New York, le réalisateur filme surtout des sensations avant de poser sa caméra au Muséum américain d'histoire naturelle, qui concentre une partie des secrets des personnages et tient la clé du lien qui les unit.

     

     

    Langage des signes

    Réputé pour son esthétique toujours très maîtrisée, Todd Haynes fait coup double avec un film en deux parties, l'une en noir et blanc empruntant aux codes du muet, l'autre dépeignant le New York grouillant des années 70 à travers une photographie très chaude. Le travail sur le son et la musique (avec «Space Oddity» de David Bowie comme thème récurrent)  apporte beaucoup au film, d'autant plus que les personnages principaux communiquent en écrivant des mots ou par langage des signes.

    «On a voulu rendre hommage à ce qu'on peut faire avec nos mains, le langage des signes, ou les passions de Rose», qui aime faire des maquettes, a souligné Todd Haynes.

    La conférence de presse du film a été traduite en langue des signes.

    «Wonderstruck» est adapté d'un roman de Brian Selznick, qui avait écrit le scénario de «Hugo Cabret» de Martin Scorsese. Le film est produit par la plateforme de vidéo en ligne Amazon, déjà présente l'an dernier à Cannes et qui suscite bien moins de controverses que sa rivale, Netflix.

     

     


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