culture

    «Love» de Judd Apatow: l'ode aux losers signée Netflix

    Co-créée par Judd Apatow, la deuxième saison de «Love», une anti «rom-com», continue de mettre en scène la rencontre de deux trentenaires un peu paumés. A découvrir sur Netflix.

    Publié le 
    29 Mars 2017
     par 
    Juliane Monnin

    Le pitch de «Love»

    Malgré ses problèmes de dépendance (affective, sexuelle, à l’alcool), Mickey semble continuer sa relation avec Gus, un professeur de plateau cinéma pas si loser que ça. Le duo arrivera-t-il à surmonter les délires parfois borderline de Micks?

    En essayant de ne pas trop vous spoiler cette deuxième saison, on vous livre nos raisons d’aimer ce touchant et barré TV show du producteur de «Girls», alias le pape de la comédie US.

    Un portrait de l’amour qui fait mal

    A contrario des séries fleurs bleues comme «Gossip Girl» ou «Riverdale», «Love», c’est l’histoire de deux anti-héros, qui veulent qu’on les aime mais qui ne savent pas aimer. Quitte à tomber à terre, le tandem (qu’on osera comparer à des cas sociaux inoffensifs), avec un lourd passé d’échecs sentimentaux, ne lâche pas son Smartphone pour séduire, se louper (c’est un comble!), s’éviter, se reconquérir, pour mieux se consoler.

    Un peu comme les trois petites bulles grises qui oscillent sur un texto et qui finissent par délivrer le bon message. Leur relation? Maladroite, pleine de regrets, bourrée d’illusions sur le mythe de l’âme sœur; on a envie de leur dire de tout plaquer pour passer à autre chose (certains épisodes embrassent du reste quelques lenteurs) mais le dénouement est positif et encourageant. La morale de l’histoire est signée Steve McQueen: «Si tu te bas pour ce que tu aimes, tu ne perdras jamais».

    Cynisme et doutes

    Bande-son nostalgique (mais démente), humour cafardeux, séances glauques chez les A.A, névroses, drogues… On préfère vous prévenir, «Love» n’a rien à voir avec un conte de fées, même si le show est un peu plus optimiste que sa cousine «Girls». Mickey et Gus sont deux grandes personnes que tout oppose mais qui sont habitées par une forme similaire de folie juvénile. En tant que spectateurs, on les voit regarder de vieux démons avec une attirance maladive, lever les yeux aux ciel devant la vie de famille d'amis ou constamment douter de leurs choix. Comment dit-on déjà, tomber 7 fois, se relever 8?

     

     

    Une héroïne icône de mode

    Quasiment toujours chaussée de bottines à clous Chloé, Mickey (une assistante de chaîne radio et ancienne addict à fleur de peau), enchaîne des looks pointus à la Chiara Ferragni ou Camille Rowe. Jupe en cuir mixée à un gros pull en laine, salopette en toile Carhartt portée avec un tee-shirt blanc, jean taille haute enfilé sur un maillot de bain, t-shirts à logos, paire de tongs Adidas et autres bombers en soie... on vous le dit: l'actrice Gillian Jacobs, c’est la réincarnation de Courtney Love en live de notre connexion Netflix. Un petit bijou rock’n’roll, nineties et grunge que les modeuses devraient vite copier.

    Un décor qui s'inspire des clichés de l’Amérique

    Echo Park, Venice Beach, les studios des grosses productions made in Hollywood... «Love» écume les quartiers phare de Los Angeles et nous dévoile les coulisses d’un mode de vie «indé». De plus, les personnages ne manquent pas de faire le plein de gluten à la station essence, boire du café à l’emporter, manger du thaï dans leur lit ou encore passer une soirée sur les canapés vintage du voisinage.

    Un vrai pot-purri de la culture américaine en somme, du moins de ses clichés que l'on a découverts sur nos télés européennes. A la fois dépaysant et réconfortant. Vous avez le mal du pays? RDV ce soir pour un binge-watching à la sauce USA. On s'occupe du pop-corn!

    «Love», saison 2, créée par Judd Apatow, Paul Rust et Lesley Arfin, disponible sur Netflix depuis le 10 mars 2017.


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