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    «Les Proies»: que penser du nouveau film de Sofia Coppola?

    Cinéma: la réalisatrice de «Marie-Antoinette» retrouve les costumes et certaines de ses actrices fétiches (Kirsten Dunst, Elle Fanning, Nicole Kidman). L’intrigue se déroule dans un pensionnat sur fond de guerre de Sécession.

    Publié le 
    18 Août 2017
     par 
    Muriel Chavaillaz

    Le film intrigue, dérange, met le spectateur mal à l’aise. Avec «Les Proies», on se retrouve plongé dans les années 1860, en pleine guerre de Sécession. Mais le conflit ne transparaît qu’en toile de fond. Le long-métrage se concentre sur un internat où cinq élèves et deux adultes cohabitent «car on n’a nulle part d’autre où aller», comme l’explique la petite Amy.

    C’est elle, d’ailleurs, qui va découvrir le caporal John McBurney (Colin Farrell) dans la forêt. Blessé, il peut à peine marcher mais parvient jusqu’à la porte du pensionnat. Miss Martha (Nicole Kidman), la responsable, décide de le soigner. «C’est notre devoir de bonnes chrétiennes», soutient-elle. Mais elle semble oublier ses principes lorsqu’il s’agit de laver le malheureux soldat, de toucher ses abdos, de découvrir son corps… alors que le blessé reste profondément endormi.

    L'objet de toutes les attentions

    Très vite, la présence du caporal va bouleverser toute la maisonnée. Chaque habitante revêt ses plus beaux vêtements et espère l’entrevoir, lui qui a été installé dans la salle de musique. Et certaines se révèlent plus entreprenantes que d’autres: Miss Martha, mais aussi Alicia (Elle Fanning) ne cachent pas leur émoi. Et Edwina (Kirsten Dunst) lutte tant bien que mal pour ne pas succomber à l’appel du mâle.

    Les fragiles équilibres sont bouleversés, des questions existentielles se posent alors. Des luttes, mesquineries et autres vengeances s’abattent sur les sept femmes. La musique, inexistante, ajoute un degré de malaise dans ce huis clos où tout finit par dégénérer. Si on peut regretter que la première partie du film peine à trouver son rythme, la seconde nous emporte immédiatement. On transpire avec Miss Martha, on a des sueurs froides à la place d’Edwina, on redoute le pire pour Alicia.

     

     

    Costumes et point de vue féminin

    Après «The Bling Ring» (2013), Sofia Coppola fait ici le grand écart et renoue avec les films à costumes (on se souvient de «Marie-Antoinette» en 2006). Elle prend des risques, puisqu’un film réalisé en 1971 par Don Siegel avait déjà adapté le même roman au cinéma. Dans le rôle du soldat: Clint Eastwood. Mais cette production se centrait uniquement sur le point de vue masculin. Tandis que chez Coppola, il est quasiment évincé. On perçoit le soldat comme un intrus, un élément dérangeant. Et non pas comme un don juan en mauvaise posture.

    Comme dans «Virgin Suicides», le premier film de la réalisatrice, les désirs des protagonistes sont empêchés. La violence trace alors son chemin. Les caresses se transforment en coups, les baisers en morsures. Et l’histoire commence puis se termine par une chanson d’enfant. Une ritournelle qui nous reste en tête et qui nous hante bien après que les lumières ne se soient rallumées dans la salle.

    «Les Proies» de Sofia Coppola avec Kirsten Dunst, Elle Fanning, Nicole Kidman et Colin Farrell. Sortie le 23 août 2017.

     

     


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