culture

    «Patients», le film de Grand Corps Malade en salles le 1er mars 2017

    Dans «Patients», son premier galop d'essai au cinéma mené sans prétention, en salles le 1er mars 2017, Grand Corps Malade raconte avec humilité et humour l'année de rééducation qui a suivi l'accident dont il est sorti tétraplégique, à 20 ans.

    Publié le 
    1 Mars 2017
     par 
    Relaxnews

    Coréalisé avec Medhi Idir, qui réalise ses clips, ce long-métrage est adapté d'un livre éponyme publié en 2012 par le slameur de 39 ans, dans lequel il racontait son combat pour retrouver l'usage de ses bras et de ses jambes.

    «Tous les personnages du film ont existé et toutes les scènes ont eu lieu. Par pudeur, j'ai laissé de côté des éléments de mon histoire intime», a expliqué l'artiste à lors du festival de cinéma européen des Arcs.

    «Patients» narre l'arrivée dans un centre de rééducation de Benjamin, un jeune étudiant en Staps (sciences et techniques des activités physiques et sportives) paralysé après un mauvais plongeon dans une piscine.

    Sans jamais chercher le coup d'éclat, le film brille par la sincérité de son propos, bien servi par une galerie de personnages drôles et attachants, portés par une flopée de comédiens épatants, et que le néo-réalisateur a le mérite de ne jamais laisser en chemin.

    «J'aime tous les types d'écriture et j'avais envie de me frotter au cinéma. Au fur et à mesure de l'avancée du scénario, je me suis pris au jeu et j'ai eu envie d'aller au bout en le réalisant», explique le poète musicien, Fabien Marsaud de son vrai nom, qui a popularisé le slam en France dans les années 2000.

    «J'ai pris cette expérience presque froidement. Elle n'a pas été un exutoire. Je n'étais pas dans l'affect mais dans l'application d'un scénario et dans la direction d'acteurs

    Humour handicapé

    Grand Corps Malade décrit avec une légèreté et une autodérision rafraîchissante un quotidien pourtant fait de combats perdus d'avance, de silences, d'intimité bafouée et de renoncements où il faut «niquer des heures» pour passer le temps.

    Le slameur n'évite aucune thématique douloureuse liée au handicap - pas même sa très taboue sexualité - et parvient, grâce à une touche d'humour toujours bien placée, à ne jamais flirter avec le larmoyant.

    «Dans les moments de galère, j'avais besoin de me marrer. C'est certainement l'année la plus difficile de ma vie mais j'en garde de bons souvenirs parce qu'on a beaucoup déconné avec les potes du centre. L'humour du film existait vraiment», insiste celui qui se déplace aujourd'hui avec une canne, évoquant même «un humour handicapé», plus «trash et cynique», dont le film dévoile le moins osé.

    Si le récit s'alourdit parfois de quelques longueurs et situations prévisibles, «Patients» offre au spectateur une plongée «pédagogique» dans cet univers.

     

     

    «La caméra suit l'évolution physique du personnage. Plus il évolue physiquement et plus des mouvements de caméra apparaissent. On ne voulait aucun effet», détaille Medhi Idir.

    Le film a été tourné durant sept semaines au centre Coubert, en Seine-et-Marne, là où Grand Corps Malade a effectué sa rééducation. Les acteurs ont travaillé au contact de son personnel soignant pour apprivoiser la gestuelle des patients en fauteuil, qui ont joué les figurants.

    «Le tournage a changé notre regard. On a compris que pour les personnes en situation de handicap, retrouver l'autonomie est beaucoup plus important que de pouvoir marcher à nouveau», affirme Pablo Pauly, révélation du long-métrage dans le rôle principal.

    Côté bande-son, le spectateur retrouve NTM, Naas ou encore Lunatic au générique du film, produit par Mandarin et Gaumont pour environ quatre millions d’euros.


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