culture

    J’ai testé: «Cinquante nuances de Grey»

    Encensé ou chicané, le film réalisé par Sam Taylor-Johnson et adapté du roman de E.L James est sur toutes les lèvres… Malgré les railleries et le fait que je n’ai pas lu les livres, j’y suis allée et je vous dis, pourquoi, selon moi, il faut aller voir ce conte de fées érotique.

    Publié le 
    11 Février 2015
     par 
    Juliane Monnin

    Pour l’expérience «socio-cinématographique»

    Je m’explique. Lors de la première du film destinée à la presse le 9 février 2015, j’entends un journaliste qui balance un «Soyons forts» dans la salle de cinéma lausannoise. «Soyons durs» répond un autre d'un ton un peu graveleux. «Courage!» crie un dernier homme (à croire que seuls des mecs sont venus) encore debout quand la lumière tombe. Comme si on lui avait planté des allumettes dans les yeux façon «Orange Mécanique» pour le forcer à regarder le déjà culte «Cinquante nuances de Grey»… L’adage anglais «haters will hate» me vient en tête. Mais, au bout, de quelques minutes, les petits rires sur les répliques de la prude Anastasia ne s’entendent plus. Tout le monde se plonge dans l’intrigue amoureuse entre le milliardaire Christian Grey et l’étudiante en littérature. Au fil de l’aventure, forcément la température monte, les scènes de sexe au SM modéré (des menottes en cuir, un peu de cordage acheté à la quincaillerie où Ana travaille, des nœuds de marin, des fessées principalement, 5 ou 6 coups de martinet rudes à la fin) tournées dans la «salle de jeux» de Monsieur – que je comptabilise à une petite demi-heure – hypnotisent le public. Et ceux qui disent le contraire sont, selon moi, des menteurs.
    Alors, si vous vous ruez dans les salles obscures pour voir, vous aussi «la vie en Grey», vous pourrez aisément, comme je l’ai testé, vous transformer pendant deux heures (ah oui tout de même) en un(e) sociologue étudiant un groupe de gens devant la sortie ciné la plus scrutée de l’année. Intéressant car divertissant.

    Pour Dakota Johnson

    Après l'avoir vu «à l'action», je me dis que la fille de Mélanie Griffith et Don Johnson («Deux flics à Miami»), petite fille de Tippi Hedren («Pas de pitié pour Marnie», «Oiseaux») avec ses jolis yeux de biche apeurée, s'est littéralement enfournée dans la gueule du loup en devenant l'égérie de ce porno pour maman… Elle est désormais, la cible toute désignée pour les fans du best-seller populaire. «Dakjo» est, en quelque sorte, la victime consentante de ce Harry Potter de l’érotisme. A l’instar de Daniel Radcliffe, son rôle va lui coller à la peau durant des années (le roman est en trois tomes). Un rôle qui la dépeint sous toutes les coutures si vous voyez ce que je veux dire. Courage à elle!
    L’actrice incarne pourtant à la perfection la candide et virginale Anastasia Steele. Et puis elle a tout de même piqué la place à Emma Watson ou Kristen Stewart. Pour cela, je lui baisse mon chapeau à défaut de ma culotte. Je ne vais pas l’imiter. Enfin et au-delà des suites plausibles de «50 Shades», je prédis qu'elle sera la femme à suivre… car la miss va jouer dans un remake de «La piscine», «A bigger splash» et y reprendra le rôle de Jane Birkin en mode psychopathe. «Tapis» sur Dakota!

    Pour Mister DOR-NAN

    Cher Jamie Dornan, sais-tu que je pense souvent à toi depuis ton rôle dans «Marie-Antoinette» de Sofia Coppola? Où tu interprétais avec brio le rôle du Comte Fersen, amant de la Reine, allongé dans le Petit Trianon, le Hameau ou ses jardins? Sais-tu que tu restes selon moi, le plus beau mannequin (Beckham aux toilettes!) lingerie de Calvin Klein? Sais-tu que mes petites sœurs m'ont quasi persuadée de regarder la série cul-cul-la-praline «Once Upon a Time» pour te revoir à nouveau? Bien à toi…
    Quoi, vous en voulez plus sur les scènes sexy de Jamie? Et bien dans le film, Jamie est souvent nu et… de dos. Emoticône triste. On en voit bien moins que Dakota et ce n'est pas très fair-play si vous voulez mon avis. Le fait qu’il soit marié et papa dans la vie civile ne m’enchante pas non plus mais peu importe, je vous assure que ce movie est une bonne raison de le mater l’observer sur grand écran. Il n’y pas de mal à se faire du bien, non?

    Pour «l'amour du romantisme»

    Si Monsieur ne comprend pas votre non-engouement à l’idée d’aller voir «American Sniper» de Clint Eastwood ou, dans un autre genre, «Bob l'éponge – Le film»… Je suppute qu'il ne comprendra pas le vôtre pour «50 Shades». Aussi, j'en décide que c'est une bonne occasion pour sortir avec ses amies (le soir de la Saint-Valentin?) et s'offrir une bonne cure de love story. Encore une fois, ce film est un divertissement, pour tout vous dire, il est même assez triste à la fin quand Ana quitte Christian après que ce dernier l’ait punie… trop fort.
    Comme «The Notebook» avec Ryan Gosling ou «Love actually» avec Hugh Grant, «Cinquante Nuances de Grey» devrait vous toucher si vous êtes fleur bleue ou fan du romantique Lamartine. Même si vous ne l’avouez pas. Et au pire, il devrait vous donnez envie de prendre le chemin de la maison. Ou de votre libido chambre?

     

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