culture

    Après «Courgette», Gilles Paris revient avec un nouveau roman

    «Le vertige des falaises» nous plonge dans les secrets de la famille Mortemer. Pour son dernier ouvrage, l’écrivain français s’est glissé dans la peau de plusieurs femmes: une adolescente, une septuagénaire, une fleuriste, une intendante… Résultat? Un roman choral que l’on ne lâche plus avant le dernier chapitre.

    Publié le 
    10 Juillet 2017
     par 
    Muriel Chavaillaz

    FEMINA Après le succès de «Autobiographie d’une courgette», aviez-vous une pression supplémentaire?
    Gilles Paris
    Peut-être de la part des éditeurs. Mais pour ma part, je ne m’en suis pas mis une. J’ai vécu ce moment comme un cadeau magnifique qui m’a redonné une certaine confiance en moi. J’avais envie d’écrire un roman qui allait me surprendre, peut-être plus adulte que mes précédents ouvrages, même si on y parle encore d’enfance et de secrets de famille. C’est un roman qui est né au moment où j’ai vu le film pour la première fois. Le succès de ce dernier m’a galvanisé dans l’effort et le travail que j'y ai consacrés. 

    Qu’est-ce que cela vous fait de voir Courgette partout?
    Je trouve ça drôle. Surtout de voir Courgette traduit dans toutes les langues. Je viens de recevoir la version polonaise. C’est magnifique! Pour un auteur, cela relève du miracle. C’est que du bonheur.

    Cela vous donne-t-il envie de voir d’autres de vos livres adaptés sur grand écran?
    Depuis le succès de Courgette, les producteurs se sont davantage intéressés à mes livres. La télévision a déjà acheté les droits pour mon nouveau roman, «Le vertige des falaises». «L’été des lucioles» va également être adapté.

    A quel point vous impliquez-vous ensuite dans les adaptations?
    Je n’aime pas trop m’impliquer, j’aime que les gens s’emparent de mes univers comme Claude Barras l’a fait avec brio. J’aime cette idée que les metteurs en scène projettent eux-mêmes quelque chose d’eux dans le livre et puissent réaliser une œuvre à part. Lorsqu’il y a des ponts entre leur univers et le mien, c’est assez unique.


    © Didier Gaillard-Hohlweg

    A quels lecteurs destinez-vous votre nouveau roman, «Le vertige des falaises»?
    Je le destine à toutes celles et ceux qui ont envie de découvrir les secrets de la famille Mortemer, cette famille qui vit sur une île dans une maison en verre et en acier. C’est un livre qui nous emporte, parfait pour les chanceux qui partent en vacances ou ceux qui ont simplement envie de s’évader, d’être happé par une histoire aux sentiments forts et exacerbés.

    Combien de temps vous a-t-il fallu pour l’écrire?
    J’écris assez vite mes romans, mais je les travaille ensuite très lentement. J’ai réalisé une première version en un mois à peu près et j’ai passé une dizaine de mois à refaire une vingtaine de versions avant de trouver la bonne. Comme c’est un roman choral, j’ai introduit un certain nombre de personnages au fur et à mesure, ils n’étaient pas tous présents au départ. Il a fallu recommencer tout à zéro pour réécrire une histoire qui tienne en haleine le lecteur. Les chapitres sont très courts, conçus comme des nouvelles. Sur la chute, ils donnent envie de passer à celui d’après.

    De quelle manière écrivez-vous?
    Je m’arrête très souvent, car j’ai un autre métier à côté de l’écriture, je suis attaché de presse. Je ne peux pas écrire tous les jours, je vole plein d’heures, des moments pour pouvoir rédiger. Lorsque je n’écris pas, cela me manque. J’écris plutôt le soir, les week-ends, durant les vacances…

    A quoi ressemble votre bureau après quelques heures d’écriture?
    Il y a des cendres de cigarette un peu partout, un galet porte-bonheur, une bouteille d’eau à portée de main et une tablette de chocolat pas loin. Du chocolat noir suisse, évidemment. J’écris sur un petit ordinateur portable que j’adore qui est extrêmement pratique, j’ai une affection toute particulière pour ce dernier. Lorsque je réécris, je travaille ensuite sur du papier.

    Quelle est l’ambiance de la pièce lorsque vous écrivez?
    Je rédige toujours le premier jet en musique, j’en écoute énormément et j’en ai besoin. Généralement de l’électro, de la pop anglaise. Des artistes que j’ai choisis tout au long de l’année pour pouvoir travailler mon roman. Lorsque je le retravaille, par contre, c’est le silence total: j’imprime les pages et je réécris au crayon à papier. Lorsque je bute sur un passage, je le lis à haute voix. Comme si je lisais une partition musicale, je trouve alors le mot qui ne convient pas, la virgule mal placée, etc. J’essaie d’avoir une écriture fluide, facile à lire, poétique et onirique en même temps. Trouver des résonances sur chaque moment de lecture est essentiel pour moi.

    Vous vous êtes glissé dans la peau de nombreux personnages féminins pour votre dernier ouvrage. Comment avez-vous fait?
    Après m’être mis durant presque 40 ans dans la peau d’un enfant de 9 ans, j’avais très envie de tenter ce pari, c’est quelque chose qui m’attirait beaucoup. J’ai poussé le risque assez loin, puisque j’ai pris la voix d’une septuagénaire, d’une femme de 50 ans, d’une adolescente, d’une fille aveugle, d’une fleuriste… Tout cela était vraiment très amusant à construire, il fallait que tous ces personnages se détachent les uns des autres. C’était une sorte de pari fou qui m’a énormément plu.

    Est-ce facile de se glisser dans la peau d’une femme?
    J’ai une hypersensibilité, je suis tout à fait capable d’entrer dans l’âme des femmes dans l’idée de les rendre à la fois vibrantes et vivantes.

    Pour votre prochain ouvrage, serez-vous dans votre tête à vous, celle d’un homme de 58 ans?
    Non, ça ne m’intéresse pas de faire quelque chose d’autobiographique. J’aime la distance, cela a beaucoup plus d’intérêt. Et finalement, il y a quand même un peu de moi dans chacun de mes personnages.

    Gilles Paris, «Le vertige des falaises», Editions Plon.


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