culture

    3 raisons de courir voir «The Wife» avec Glenn Close

    Une histoire humaine frustrante et déchirante, qui nous a révoltées et émues à la fois. En lice pour l'Oscar 2019 de la meilleure actrice, Glenn Close délivre une performance remarquable et parvient à nous communiquer chaque émotion d'un personnage discrètement royal. En salles dès le 20 février 2019. Trois mots: sortez les mouchoirs!

    Publié le 
    20 Février 2019
     par 
    Ellen De Meester

    Attention, pour rédiger cette critique, nous avons été obligées de révéler quelques détails de l'intrigue - sans pour autant vous dévoiler la fin, évidemment!

    Le téléphone sonne, réveillant le couple Castleman en pleine nuit. Joe répond, un peu hébété. Mais il ne lui faudra que trois secondes pour retrouver ses esprits et se lever en sursaut: l'on vient de lui décerner le prix Nobel de la littérature! Fou de joie, il se met à sautiller sur son matelas, à l'instar de sa femme Joan, également ravie. Tout semble se dérouler pour le mieux, alors que le duo s'envole pour Stockholm, où se tiendra la cérémonie de remise des prix. 

    Ce joli tableau comporte cependant une ombre. Et elle est de taille: il s'avère que Joe n'a jamais écrit ne serait-ce qu'une ligne des romans pour lesquels il s'apprête à être récompensé. C'est Joan, sa brillante épouse, qui en aurait rédigé la totalité, cachée derrière la charismatique silhouette de son époux... Comment cela a-t-il pu se produire? Et surtout, pourquoi cette femme follement douée a-t-elle pu accepter de laisser les projecteurs, les applaudissements et la rénommée qu'elle mérite à l'homme qui partage sa vie, durant toutes ces années? La réponse est aussi complexe que le sont les sentiments, la fierté et l'amour humains. Vous finirez par comprendre cette héroïne. Et vous en aurez des frissons. 

    Nous avons adoré nous offusquer, pleurer, grimacer et gigoter de nervosité devant ce chef d'oeuvre basé sur le roman de Meg Wolitzer. Sombre, subtil, et parfois d'une lenteur cruelle, il transmet une ambiance vaguement lourde, qui sembe traduire à merveille le poids du secret et des mensonges, celui des remords et du mépris, mêlés à un amour fou, pour lequel on cède tout. Même l'oeuvre d'une vie toute entière. 

    1. Glenn Close est époustouflante...

    Nominée pour l'Oscar 2019 de la meilleure actrice, l'Américaine de 71 ans nous a éberluées. Puisqu'elle incarne un personnage contraint de masquer la vérité à chaque instant, ce sont souvent ses expressions, la puissance de son regard et de son port de tête qui nous dévoilent le fond de sa pensée. Joan Castleman est royale, forte, fière... tout en restant une femme injustement reléguée dans l'ombre durant l'essentiel de son existence. 

    On serait tentés de la croire faible, facile à manipuler, dominée... Mais Joan n'est rien de tout cela, puisque c'est elle qui a choisi la destinée qu'elle doit assumer tous les jours. Le regard de Glenn Close exprime cette résilience avec une force renversante. Et au fur et à mesure que son personnage commence à laisser ses émotions refoulées s'exprimer, l'actrice déploie toute l'étendue de son talent. Une grande commédienne, qui mériterait largement de recevoir la statuette dorée, le 24 février 2019!

     
     
     
     

     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     

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    2. ... et sa fille est une étoile naissante!

    Le film présente plusieurs épisodes de «flashback», qui se déroulent pendant la jeunesse du couple Castleman. C'est lors de ces parenthèses temporelles que nous découvrons l'origine du mensonge et la naissance d'une histoire d'amour renversante. L'actrice choisie pour incarner la version jeune de Joan ressemble d'ailleurs drôlement à Glenn Close! Et c'est normal, puisqu'il s'agit de sa fille!

    Du haut de ses 30 ans, Annie Maude Starke possède le même regard terriblement expressif de sa mère, ainsi que cette finesse communicative dans le jeu. Leur ressemblance rend le film encore plus crédible et encore plus déroutant. On y croit tellement, qu'il devient impossible de ne pas essayer de comprendre, ne serait-ce qu'un tantinet, ces complexes et brillants personnages. On en ressort sonné, comme après un rêve bouleversant, mais tellement réel.  

     
     
     
     

     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     

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    3. Joe Castleman, celui qu'on déteste presque à regret

    N'oublions pas de parler du «méchant», le voleur de succès, le fameux mari de Joan. Celui que chaque femme détestera, et dont chaque homme aura honte. Un personnage terrible, dont aucun comédien ne voulait. Sauf lui: Jonathan Pryce. Très humblement, l'acteur britannique de 71 ans a accepté d'endosser le mauvais rôle, celui d'un esprit faible, moins habile qu'il le pensait, ayant accepté d'être félicité toute sa vie pour un talent qui n'est pas le tien. 

    Et vous savez ce qui est étrange, dans «The Wife»? L'inversion des rôles, l'opposition subtile entre les places qu'ont occupé Joe et Joan durant leur existence fictive, et celle qui leur est accordée dans le film: en effet, si leur histoire tourne entièrement autour du succès immérité de Joe, le film offre le spotlight à sa protagoniste féminine, qui a passé sa vie dans l'ombre. On a envie de vous en dire plus... mais ce serait gâcher votre surprise. 

    Notre avis en deux phrases

    Un film puissant et surprenant, qui prouve que les êtres dotés de la plus grande force ne sont pas toujours ceux qui en font l'étalage. Car les vrais héros oeuvrent souvent dans l'ombre, à l'abri des éloges, loin des applaudissements tant mérités - qu'ils n'entendront pourtant jamais. 

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