culture

    3 raisons de courir voir «I, Tonya» avec Margot Robbie

    Bien qu’il faille attendre le 28 février 2018 pour découvrir le film au cinéma, «I, Tonya» a déjà raflé plusieurs nominations aux Oscars, dont celle de la meilleure actrice, pour Margot Robbie. Touchante, la belle Australienne livre une performance étonnante, avec une sincérité brute qui vous saisit comme… une bonne gifle.

    Publié le 
    13 Février 2018
     par 
    Ellen De Meester

    «Tonya, dis la vérité», lui ordonne-t-on sans cesse. Insolente, la patineuse répond: «Mais la vérité, ça n’existe pas. Chacun en possède sa propre version.»

    Justement, lorsqu’il s’agit du drame qui a exclu Tonya Harding de la fédération américaine de patinage, en 1994, la vérité est toujours restée ensevelie. A ce jour, nous ignorons si celle qui fut la première Américaine à réaliser un triple axel est vraiment coupable de ce crime qu’elle nie avec insistance. Tonya Harding est-elle responsable? C’est à cette question que le réalisateur Craig Gillespie a souhaité répondre, en combinant les éléments connus de l’enquête à quelques ajouts narratifs maintenus plutôt flous.

     

     

    Les 5 films qu'on a (incroyablement) hâte de découvrir en 2018

    L’affaire Harding-Kerrigan (en deux mots)

    Comment ça, vous ne connaissez pas ce célèbre scandale du sport féminin?! Au risque de légèrement vous spoiler, on vous en touche quelques mots (après tout, il s’agit de l’Histoire!): en 1994, juste avant les Jeux Olympiques d’hiver à Lillehammer, la patineuse Nancy Kerrigan (principale rivale de Tonya Harding), est violemment agressée par un inconnu, et se trouve incapable de participer à la compétition. Très vite, la justice soupçonne Tonya et son mari d’avoir orchestré cette attaque, dans le but d’évincer Nancy du podium et de s’assurer la victoire.

    Afin de revisiter ce crime et de donner une épaisseur émotionnelle à «la coupable», le film reprend l’histoire de Tonya Harding dès le tout début. On vous donne 3 raisons de découvrir ce long-métrage qui semble se précipiter vers la course aux Oscars:

    1. Margot Robbie est une étoile brutalement spectaculaire

    Autant vous dire que, fidèle à l’histoire d’origine, le film ne se déroule pas au pays des «Bisounours». Coups, jurons et agressivité font le quotidien de la jeune Tonya, incarnée par l’adorable McKenna Grace (11 ans). Cette enfance douloureuse oblige la jeune fille à se renforcer et à s’habituer aux baffes qu’elle récolte à longueur de journée. Peu à peu, elle vient à les considérer comme normales.

    Une fois que le personnage a atteint l’adolescence, c’est une Margot Robbie métamorphosée qui prend la place de l’enfant, frange blonde et appareil dentaire à l’appui. Robuste, insolente et têtue, elle renvoie au monde les coups qu’il lui a assénés, et patine avec une ténacité violente. Chaque émotion, chaque soubresaut de rage et chaque rougissement embarrassé (car Tonya ne connaît pas grand-chose de l’amour, elle qui passe ses journées à patiner) est merveilleusement bien repris par Margot, qui semble carrément les vivre, plus de vingt ans après les faits.

    Par ce rôle, l’actrice australienne de 27 ans prouve que ses talents de comédienne ne se limitent pas aux moues de séductrices (comme celles qu’elle adopte dans «Le Loup de Wallstreet»). Cynique, colérique et tenace, elle semble par moments totalement folle, et oscille entre une ferme dureté et une innocence enfantine. Bref, elle nous révolte parfois, mais nous touche surtout, par la précision avec laquelle elle donne corps aux émotions brutes de Tonya, qui se révèle incapable de les filtrer, et qui se heurte au jugement implacable des autres.

     

     

    Une publication partagée par I,Tonya (@itonyamovie) le

     

    Toutes les nominations aux Oscars 2018

    2. La performance bluffante (et choc) d’Allison Janney

    Derrière le talent et la hardiesse sportive de Tonya se trouve sa mère, incarnée par Allison Janney (déjà nominée pour l’Oscar de la meilleure actrice dans un second rôle). Détestable et hilarante en même temps, l'actrice de talent laisse son œil tombant contraster avec la vive méchanceté des propos de son personnage. Violente et grossière, cette mère tyrannique prend un malin plaisir à martyriser sa fille, pour laquelle elle espère pourtant le meilleur. C’est elle qui, dès l’enfance, oblige Tonya à passer des heures sur la glace, jusqu’à devenir la meilleure.

    Là réside tout le génie de ce film troublant: il nous dévoile les pires côtés de ses personnages, avant de révéler, plus subtilement, leurs penchants les plus vulnérables. Ce contraste les rend tout simplement impossibles à détester.

     

     

    Une publication partagée par I,Tonya (@itonyamovie) le

     

    3. La rencontre de la fiction et de l’Histoire, dans une métalepse surprenante

    Qu’on se le dise: les protagonistes de l’histoire ne sont pas des génies. Ainsi, lorsqu’ils deviennent tour à tour narrateurs du film, la simplicité de leurs propos nous émeut, même lorsqu’ils prodiguent des injures, ou confessent des actes douteux.

    De même, la fiction se trouve parfois entrecoupée de fragments semblant issus du réel, comme si les personnages revenaient sur les événements passés, durant une interview. Tonya, sa mère et son mari reçoivent alors l’opportunité de se défendre, entre deux scènes, et de raconter leur propre version de l’histoire, tout en nous regardant droit dans les yeux. De temps à autre, la narration est même brutalement interrompue par un commentaire que le personnage adresse soudain au spectateur: «Ce n’est pas vrai, je n’ai pas fait ça», nous assure Tonya, juste avant de tirer sur son mari, avec un pistolet.

     

     

    Une publication partagée par I,Tonya (@itonyamovie) le

     

    Sans gêne, les protagonistes brisent le mur impénétrable censé séparer le film de son audience. Fiction et réalité s’entrechoquent ainsi, nous rappelant constamment à quel point la vérité sur l’affaire est restée floue, parsemée de détails, de mensonges et d’interprétations différentes.

    Par-dessus la vérité qu’il ne peut atteindre sans puiser dans la fiction, le réalisateur intègre des parenthèses de «confessions», semblables à celles que l’on trouve dans la téléréalité. Cela ne permet plus qu’une réponse à notre question initiale. Qui est le coupable? Ils le sont tous.

    5 films «Girl Power» à découvrir en 2018

    Ladies Night Femina

    Alors, on vous a convaincues? Venez découvrir «I, Tonya» avec nous! Une Ladies Night est prévue pour le mardi 6 Mars à 20h45 à Pathé Flon (Lausanne) ou 20h45 à Pathé Balexert (Genève). On se réjouit de vous y retrouver!

    A lire également
    Avis aux fans de Steve Carell («Crazy Stupid Love») et de Timothée Chalamet («Call me by your name»)!
    O
    Daenerys jon snow froid glace
    67 jours avant la diffusion de la huitième saison, et autant d’épisodes à (re)voir.
    O
    Le 16 février 2019, l'événement récompensera les talents suisses... qui peinent à passer le Röstigraben.
    O
    Culture
    Retraçant les débuts de Winston Churchill en tant que Premier Ministre, ce film époustouflant a valu le Golden Globe du meilleur acteur à Gary Oldman.
    O
    Jessica Chastain tapis rouge Festival de Cannes 2017
    News loisirs
    Au montage, le réalisateur québécois a totalement coupé le personnage interprété par l’actrice. La star a réagi sur Instagram.
    O
    News loisirs
    L'année s'annonce comme très féminine et féministe au cinéma. Place aux héroïnes.
    O
    Culture
    Tout en haut de notre classement? «Casse-noisette et les quatre royaumes», qui s'annonce époustouflant!
    O
    Cuisine
    Des plats sains, beaux et surprenants: voilà les exigences des foodies du moment.
    O
    Voyage
    Le froid, la neige… la météo nous donne envie de nous téléporter sous des cieux plus cléments. C’est le moment idéal pour booker nos futures vacances
    O
    News loisirs
    Pour inviter le soleil dans notre assiette, en découvrant des saveurs venues des quatre coins du monde!
    O