Une griffe diablement séduisante, Gueule d'Ange signée Isabelle Mélis

Créatrice raffinée. Il y a trente ans, Isabelle Mélis créait, à Neuchâtel, sa marque de prêt-à-porter, Gueule d’Ange. Une griffe diablement séduisante.

© Photo: Matthieu Spohn, matthieu-spohn.com

Par Jennifer Segui / Photo: Matthieu Spohn, matthieu-spohn.com

Créatrice raffinée

Il y a trente ans, Isabelle Mélis créait, à Neuchâtel, sa marque de prêt-à-porter, Gueule d’Ange. Une griffe diablement séduisante.

Rideaux, murs, canapé moelleux, colombes ailées et cage de bois: tout ici n’est que blancheur, calme et volupté. Seuls les bruits des badauds de la rue des Moulins rompent, par la fenêtre entrouverte, la quiétude de l’après-midi printanier. C’est dans ce salon, au premier étage de son atelier-boutique, qu’Isabelle Mélis invite les jeunes promises à choisir ou imaginer leur robe de mariée. Ici, ni froufrou, ni falbalas, ni satin, ni dentelle bon marché. La soie sauvage bruisse comme un torrent et les rubans de velours caressent le bout des doigts…

Ses robes de rêves, comme sa collection de prêt à porter, la créatrice les aime raffinées: «Je ne fais pas de robes de  mariée «meringues». Pour moi, ce jour-là, une jeune fille doit pouvoir être à l’aise. Je n’ai jamais pensé qu’il faut souffrir pour être belle!»

A 52 ans, Isabelle Mélis est féministe, mais à sa manière: 100% féminine! Lorsque, il y a trente?ans, elle décide de se lancer et de créer sa marque, elle vient de terminer l’école de couture: «Les filles qui en sortaient étaient destinées à devenir des couturières, de parfaites ménagères ou des enseignantes. Moi, je rêvais devant les créations de Mugler ou de Montana.»

Née à Lausanne, Isabelle a grandi dans un milieu d’artistes. La lecture, notamment des contes de fées, et le dessin sont ses compagnons de jeunesse. L’Histoire aussi la passionne: «Quand je m’intéressais à une période historique, je ne pouvais pas passer à côté de ses costumes. J’ai adoré, par exemple, l’époque Elisabéthaine, pour le foisonnement de ses vêtements.»

Sa carrière de styliste, Isabelle la démarre donc à 20 ans, sur les marchés environnants: «C’était les années septante. Je rachetais des vieilles pièces de dentelles dans les brocantes. J’en faisais des blouses. Je créais aussi des vestes matelassées, des pantalons bouffants.» Très vite, «mégadisciplinée et fonceuse», elle connaît le succès et se voit proposer de reprendre, en 1981, le numéro 21 de la rue des Moulins à Neuchâtel, un ancien centre d’artisanat, pour en faire son atelier et sa boutique. Sans hésiter, elle se lance et crée Gueule d’Ange, un «mélange de force, de fragilité et de rêve». Trente ans plus tard, la marque a évolué sans s’éloigner de ses fondamentaux: de belles matières, des coupes impeccables, des détails qui font la différence et justifient le prix de pièces quasi uniques.

Deux collections de prêt à porter, une de robes de mariées, trois shootings: tout cela chaque année. Isabelle, qui s’astreint à deux ou trois footings hebdomadaires sur les rives du lac, tient le rythme. Son entreprise compte douze personnes, et son époux et sa fille aînée, Anais, 29 ans, y travaillent aussi. «Plus qu’un métier, Gueule d’Ange est une passion. C’est même devenu l’ADN de notre famille.»

 

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