Dossiers

Anne Rosat est la papesse des papiers découpés.
Cette artiste du Pays-d’Enhaut vient de créer
l’habillage d’un vélo électrique made in Switzerland. Rencontre.
En quarante ans de découpage, Anne Rosat a usé 80 paires de ciseaux. Cette artiste, célèbre pour ses œuvres de papier découpé, avait déjà créé un foulard pour Hermès en 1997 (voir ci-dessous). Aujourd’hui, elle décore d’une poya un objet plus inattendu: un vélo électrique, pour la maison Scoobike (www.scoobike.ch). «Ce qui m’a motivée, c’est d’associer mon nom à l’énergie douce et à la mobilité dont la planète a tant besoin». Le vélo, baptisé «Scoobike Sprint Anne Rosat», sera mis en vente début avril au prix de 3500 francs. De quoi réjouir les amoureux d’art populaire et de transports respectueux de l’environnement. L’artiste assume le qualificatif «d’art naïf»: «Je raconte de jolies histoires, avec des amoureux, des cœurs. Une vie bien organisée, mais avec fantaisie. Par exemple, un homme cueillant des pommes devant un chalet.»
Une enfance belge
Au détour d’une phrase, on comprend qu’Anne n’a pas toujours connu ce bonheur simple. Pendant la guerre, elle a vécu l’exode de Belgique, vers la France libre. «J’avais 5 ans, j’ai marché 60 kilomètres avec une poussette, ma mère et mon frère. C’était en mai 1940. Puis la roue de la poussette a cassé et on a dû rentrer à Bruxelles.»
L’enfance de l’artiste n’a donc pas été bercée par le folklore suisse. Née près de Liège, en Belgique, il y a 74 ans, elle a rencontré son mari Aloïs, antiquaire, pendant des vacances à Château-d’Œx. Elle est tombée amoureuse d’un homme et d’un paysage. Institutrice, elle a commencé à user des ciseaux à 34 ans, par hasard. Son mari affectionnait les papiers découpés du Pays-d’Enhaut et lui a demandé de copier une œuvre de Jean-Jacques Hauswirth. Inspirée, la jeune femme crée trois collages inédits. Un soir, un ami collectionneur vient dîner à la maison. Il remarque les découpages et les achète aussitôt. La carrière d’Anne est lancée: elle est reconnue, exposée à New York, interviewée par la télévision japonaise… Surtout, elle a relancé l’intérêt pour les papiers découpés.
Sur son petit bureau, une paire de ciseaux, deux tubes de colle blanche, une pincette pour manipuler les silhouettes. Comme par magie, elle cisèle devant nous un renard et un homme avec une canne. «Je peux presque découper les yeux fermés», s’amuse-t-elle. Villages, forêt, poya, tout paraît figé dans le temps. Pourquoi ne pas aborder des thèmes plus contemporains? «J’ai découpé des hélicoptères, mais ça m’intéresse moins.» Son atout, c’est la couleur. «Je ne suis pas géniale pour le noir et blanc», concède-t-elle. Elle rit en pensant au jour où ses enfants sont revenus de l’école, affolés: «Maman, ne fait plus de vaches orange! Nos camarades se moquent de nous.»
La force de continuer
La seconde passion d’Anne, c’est l’humanitaire, via sa fondation: le Fonds Rosat-Colin. En Belgique, elle aide des écoles défavorisées - enfants handicapés et population d’émigrés. Et en décembre dernier, elle est partie inaugurer deux moulins à céréales dans le village peuhl de Yirwal, au Burkina-Faso. Intarissable, Anne ouvre ses archives, sort des photos d’enfants, s’émeut des petits mots de remerciement reçus. «A 74 ans, ça me donne la force de continuer!». Après trois heures de discussion, on prend congé. «Vous partez déjà?». C’est décidé, on reviendra.
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Un vélo électrique à la déco alpestre |
Les motifs d'Anne Rosat sur |















1 commentaire
super elle pete le syle yesssssss prout
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