À lire aussi
Baroudeuse l’hiver, responsable de «bivouacs d’hôtes» l’été, la Fribourgeoise Nelly Perritaz maîtrise l’art de déplacer les montagnes. Pour ses sept enfants de cœur et ses animaux, elle a construit une arche Noé d’amour et de liberté.
|
2009 |
L’aplomb sans vernis
Cette Alsacienne d’origine, amoureuse de la nature, s’est dessiné un parcours surmesure. Après une formation hôtelière et quelques années de service, elle décide de stopper net. Son rêve: travailler la terre. «Comme dit l’adage, pour réussir sa vie, il faut avoir planté au moins un arbre. J’y suis allée au culot, j’ai envoyé des offres spontanées à tous les paysagistes de la région. On se fichait de moi. Comment pouvais-je, avec mon tailleur de serveuse et ma petite stature, imaginer tronçonner des sapins? Mais on m’a donné ma chance, parce qu’au moins, je ne portais pas de vernis à ongles, m’a avoué mon premier patron!» Devenue paysagiste puis pépiniériste, Nelly était enfin dans son élément, à l’air libre. Coup du destin sur un de ses chantiers, il y a neuf ans, Nelly rencontre son mari Frédéric, un bûcheron, qui partage sa passion pour les plantes. Depuis, ce couple de stakhanovistes en a réalisé des projets! Ils ont retapé un ancien moulin en six mois ou planté plus de 2000 arbres et espèces végétales sur son domaine. Alors forcément lorsque deux «mains vertes» se rencontrent, il y a fort à parier qu’ils vivent en autarcie. «Que ce soit les légumes, les fruits ou la viande, l’essentiel de nos aliments a poussé ou grandi sur nos terres.»
Au four et au moulin
Chez les Perritaz, quand une idée fleurit, une autre a déjà germé. Une fois installés au Moulin, ils montent une affaire touristique, en construisant des cabanes dans les arbres et créant des circuits pieds nus pour faire visiter leurs magnifiques jardins. Gérer de front une famille de neuf bouches, qu’on nourrit à la force de sa bêche, en plus d’une affaire parahôtelière, cela représente un boulet de labeur. Enfin, pour le commun des mortels, pas pour Nelly. Elle se lève volontiers à 6?h?30 pour, tenez-vous bien, préparer les petits-déjeuners, faire le ménage, accueillir les hôtes, encaisser les nuitées, gérer les réservations, s’occuper des enfants, nourrir les animaux, entretenir les jardins, tout cela avant d’avoir préparé le repas de midi pour un bataillon. «Avec Fred, on se répartit les tâches. On a cette capacité d’abattre le travail sans s’en rendre compte. Tout ce qu’on fait nous procure du plaisir. Si on le voyait comme corvée, on ne pourrait pas y survivre. Mais c’est vrai que les gens hallucinent, ils ne comprennent pas comment on fait pour s’en sortir.»
Clan recomposé
|
2009
2009 |
Saga Africa
Cinq ans ont passé et aujourd’hui, cette joyeuse famille recomposée a trouvé son rythme de croisière. Surtout quand arrive le rituel des vacances d’hiver, et que l’équipage se presse dans la jeep pour partir à la découverte de l’Afrique. Au moment de l’empaquetage, tout est planifié pour que la famille survive de façon autonome dans le désert: nourriture, vêtements, benzine, réserves d’eau, caisse à outils, roues de secours… rien ne peut être laissé au hasard. «Dès qu’on est installés dans le 4×4, parés pour l’aventure, on devient d’autres personnages, totalement libres. En voyage, fini les horaires. On prend le temps de vivre. Et si on fait 20 kilomètres par jour on s’en fiche. Le soir venu, les petites dorment dans la voiture et le reste du clan sur la tente dépliée sur le toit.» Simple comme «salam malekum». Dans le Sahara d’Algérie jusqu’en Mauritanie, c’est l’émerveillement du dépaysement, des rencontres, de l’osmose avec la nature. N’ont-ils jamais eu de mauvaises expériences? «Non, c’est une question d’attitude, si tu es respectueux et cool, on te respecte. Pour les enfants, c’est une ouverture d’esprit fantastique sur le monde, ils sont confrontés à d’autres systèmes de valeurs, de niveaux de vie.» Un des plus beaux souvenirs? «Lorsque les enfants se sont mis à nager dans les dunes de sable, ils étaient franc fous, ou que les garçons ont eu l’autorisation de prendre le volant sur la piste, ils en ont pleuré de joie.» Nelly et sa famille sont d’insatiables aventuriers, ils planifient déjà leur prochaine excursion, qui devrait durer quatre mois. D’Afrique, ils rapporteront comme à chaque fois des graines de plantes exotiques «pour cultiver leur propre jardin». Une parfaite illustration de la philosophie de Candide.
* Les prénoms des enfants sont fictifs.





























Publier un nouveau commentaire