Elle a un physique de Maîtres de l’univers et pour cause: Roberta est championne du monde de bodybuilding...
Par Valérie Fournier / Photo: Cédric Widmer, www.cedricwidmer.ch
Elle a un physique de Maîtres de l’univers et pour cause: Roberta est championne du monde de bodybuilding. Mais derrière l’impressionnant pectoral bat un cœur de femme et de mère.
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2009 Roberta pose en robe de soirée dans la salle de sport où elle est personal trainer.
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Roberta est née en Italie, et dans son pays, on l’appelle Roby. Roby est championne du monde de bodybuilding catégorie Hard Body (poids lourds, quoi): 84 kilos pour 1 mètre 70, mais quand elle se «sèche» pour un concours, elle descend à 75 kilos. Pour atteindre ce niveau, il faut en soulever de la fonte. Roby s’entraîne de deux heures à deux heures et demie, cinq jours par semaine. Et ce depuis seize ans, près de la moitié de sa vie puisqu’elle en a 34. Quand elle se lance dans quelque chose, Roby ne fait pas les choses à moitié. «J’ai fait de la natation pendant quinze?ans, j’ai commencé à 3?ans, je m’entraînais, j’avais des concours le week-end, je n’avais pas le temps de sortir. Puis j’en ai eu marre, j’ai eu peur de me transformer en poisson alors j’ai essayé d’autres sports, la danse hip-hop, le hockey, puis le fitness.» Petite, elle était de constitution très fine: «Ma mère me disait que j’étais un squelette! j’ai grandi tardivement, je n’avais pas de succès auprès des garçons parce que je n’avais pas de formes!».
Monsieur et Madame Muscles
Et qu’en pense son mari? «Mon mari? Patrick, il est là!» Une montagne de muscles traverse la salle. «Il est champion du monde lui aussi!» Voilà pourquoi! «Quand je l’ai rencontré il y a seize ans, je faisais un peu de fitness. Il a commencé à s’entraîner intensivement et j’ai décidé de faire pareil, je ne voulais pas me contenter de le regarder.» Son mari est-il son plus grand fan? «Ce n’est pas évident, car Patrick est aussi mon préparateur: il est plutôt dur, exigeant avec moi, il ne me fait pas de compliments. Mais quand je suis descendue de scène après ma première démo, j’ai vu qu’il était très ému.»
Dans la vie de tous les jours, le regard des autres lui pèse parfois. «Cela me touche beaucoup. Je respecte les autres, c’est une chose que j’ai apprise dans ma discipline. Qu’ils me regardent, oui, je n’ai pas fait tous ces efforts pour rien, mais qui sont-ils pour me juger? Moi, quand je vois des filles grosses une glace à la main et qui se permettent des commentaires sur mon passage, je ne leur dis rien! Je voudrais qu’on me respecte comme femme.»
Mascara et hauts talons
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1993 A 18 ans, avec son physique de mannequin, Roberta jouait les photomodels.

2008 Quinze ans plus tard, elle exhibe sa musculature lors d'une démo au championnat suisse.
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Roberta se sent très féminine: «La féminité, on l’a ou on ne l’a pas, on ne la perd pas un jour. J’aime les cheveux longs, les talons, le maquillage, le shopping, même si je ne trouve rien à ma taille. J’ai oublié l’idée de porter un jean depuis des années», ironise-t-elle. Pour trouver des petites robes moulantes, de préférence sans manches, Roby fouille parfois dans les sex-shops! Femme, donc, mais aussi mère: dans le coin cafétéria où nous discutons, une petite terreur coiffée d’une crête verte court dans tous les sens. C’est Kenneth, 4 ans. «Ce n’était pas du tout au programme! Je me suis aperçue que j’étais enceinte à la vingt et unième semaine. A cause de mon régime, j’ai des règles irrégulières donc je ne m’étais pas inquiétée. J’ai accouché un jeudi et la veille au soir, je m’entraînais encore. On a dû me faire une césarienne en urgence. Je ne pouvais pas accoucher par voie basse car mes muscles sont trop rigides. Comme mon seuil de tolérance à la douleur est plus élevé que la moyenne, le médecin ne croyait pas que j’avais des contractions si fortes.» De toute sa grossesse, Roberta n’a pris que 4 kilos, et en avait perdu 10 en sortant de l’hôpital, presque un drame! Kenneth pose-t-il des questions sur ses parents et leur physique atypique? «Non, pas encore, pour lui, on est juste papa et maman. Il vit dans notre univers, il avait trois jours la première fois qu’il est entré dans une salle de fitness. Il s’amuse d’ailleurs à prendre les poses.»
Miss Olympia
Et l’avenir? Que peut-on espérer de plus quand on est championne du monde? «Le plus difficile, c’est de se maintenir. Je ne me pose pas trop de questions sur ce que je serai dans dix ans. Je ne vais pas arrêter de faire du sport, ça, c’est sûr. Je rêve de m’inscrire au concours de Miss Olympia, la compétition la plus importante qui a lieu à Las Vegas, je n’espère pas gagner mais juste monter sur scène.»
Difficile de vivre en Suisse d’un sport comme le bodybuilding, et encore plus en Valais. Il n’y a pas de sponsor et peu de shows, donc pratiquer coûte très cher. Un voyage aux Etats-Unis, où ont lieu les principales manifestations, est presque inaccessible.
Roberta et son mari ont vécu dix ans au Tessin avant de déménager à Martigny. Patrick a ouvert un fitness avec un associé et Roberta y travaille comme personal trainer, «mais peu de personnes ont les moyens de se payer un coach à 80 francs l’heure». Un jour elle retournera peut-être en Italie où les opportunités sont plus nombreuses, il y a plus d’acteurs, par exemple, qui sont des clients potentiels.
Mais la vie de Roby ne s’arrête pas aux haltères. «J’ai une vie sociale comme tout le monde. Je suis une fille ordinaire mais qui a fait un choix de vie particulier. J’ai les mêmes soucis que les autres, je me prends la tête parfois. J’ai envie de dire aux autres qu’il y a quelque chose derrière mon image et que ce n’est pas facile de vivre avec un corps comme le mien, surtout pour une femme. Il faut lutter alors qu’on doit déjà se battre pour tout dans notre société. Certains jours, je n’ai pas envie de m’entraîner, mais je me force. Il faut avoir un mental très fort pour suivre, il ne s’agit pas simplement de pousser des poids.» D’ailleurs il est temps de nous quitter. Il est 16 h 30, vendredi soir, quand d’autres pensent déjà à l’apéro, c’est l’heure de l’entraînement pour Roby.
4 commentaires
tout simplement magnifique c est tellement dur pour en arriver a ce resultat surtout pour une femme je te felicite
quelle horreur, on dirait qu'elle a 60 ans et plus, super moche
quelle horreur, on dirait qu'elle a 60 ans et plus, super moche
concerne "Biceps au féminin"
Roberta a un corps magnifique mais les cheveux long lui donne un air plus masculin que si elle se faisait une belle coupe courte, en mettant des boucles d'oreilles.
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