Vos réactions à «Comment je vis en Suisse sans papiers depuis un an»

Chère Sarah, mon histoire est un peu semblable à la tienne. Je suis arrivée en Suisse à 11 ans, mes parents étaient des travailleurs clandestins....

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Vraie galère

Chère Sarah, (…) mon histoire est un peu semblable à la tienne. Je suis arrivée en Suisse à 11 ans, mes parents étaient des travailleurs clandestins. (…) J’ai pu faire l’école secondaire, (…) mais à 15 ans, moment où mes camarades parlaient d’apprentissage, j’ai vu mon avenir avec un point final. (…) J’ai fait des stages, mais on ne pouvait me garder. J’ai demandé un rendez-vous au service concerné de ma ville… J’avais trouvé une place d’apprentissage, il me fallait un coup de pouce. (…) Ils ne pouvaient rien car, étant mineure, ils auraient aussi dû octroyer un permis à ma mère (…). Ma seule solution a été de travailler (…) dans un restaurant. Mon employeur a fait une demande de permis de 6?mois, acceptée. Donc, à 16 ans, j’ai eu droit à un permis pour travailler, mais pas pour étudier! J’ai économisé et, un an après, me suis inscrite dans une école privée. J’ai obtenu un diplôme, mais (…) je ne pouvais pas pratiquer (…). J’ai dû mettre mon rêve d’infirmière dans ma poche. Dix ans de galère (…). Aujourd’hui, à 37 ans, je suis enfin en situation légale, mais non sans séquelles. Ne laisse pas tomber et continue à sonner à toutes les portes. Courage.

Elsa, Neuchâtel

 

Vos réactions à «Comment je vis en Suisse sans papiers depuis un an», Femina du 14 février 2010

 

1 commentaire

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Peverell | le 21 avr. 2010 à 02:43

J'ai connu cette situation de façon tout à fait inattendue. Près de trois ans de clandestinité en Suisse, dû au fait que j'y étais surtout venu pour y oublier un divorce épouvantable, ruineux et très perturbant, et que je n'avais pas au début envisagé de m'y installer durablement. Mais le provisoire dure parfois, surtout quand tu n'as plus de revenus. Tout d'abord hébergé sur un canapé par une amante de rencontre, qui m'avait promis monts et merveilles (créer notre entreprise pour qu'elle puisse divorcer, logement au premier étage de la villa pour moi et mes enfants) mais n'en finissait pas d'en repousser les échéances (toujours un problème nouveau qui l'empêchait de réguler la situation), j'ai réussi à m'enfuir après l'entrée en vigueur des bilatérales qui m'a permis de demander et d'obtenir enfin un permis de séjour "indépendant". Entretemps, j'en ai bavé grave (situation dégueulasse, insupportable, à gerber, d'un papa en détresse, "provisoirement" hébergé/asservi sous le toit conjugal d'une perverse bon chic bon genre, très en cour dans la bonne société locale), outre le fait d'avoir bossé quasi-gratuitement pour la famille et certains de leurs voisins/amis pendant près de trois ans, quasiment 24h/24h. Maintenant, avec le recul, je réalise avec horreur ce à quoi j'ai inconsciemment participé dans ma situation de vulnérabilité extrême et ce que peuvent vivre les clandestins qui viennent du tiers monde ou de pays extra-européens, en termes aussi bien d'injustice que d'exploitation éhontée (de leur travail et parfois de leur corps). Mille et une pensées positives pour toi et garde courage!

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