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Pardonner au nom de l’amour?
Quand votre mère (…), votre père, votre belle-mère vous ont cassée, depuis toute petite, dès l'instant de votre naissance, avant votre naissance (coups de poing dans le ventre). Rejet. Abandon. Séquestration. Assassinat. Avant même d’avoir le temps de commencer à vivre. De quel Amour parlons-nous? De quelle ressemblance à Dieu? Toute petite… minuscule… Vous êtes cassée. Transformée en animal terrorisé… Vous avez peur de tout, peur de tous, peur de toutes, peur de la Vie.
Vous vous cachez. Vous vous réfugiez au plus profond de vous-même. Sans espoir. Vous ne parlez à personne. Vous ne voulez pas déranger, ni la paix d’autrui ni l'insouciance d’autrui. Vous êtes devenue si sensible que vous n’existez pas. Vous n’avez jamais existé. (…)
Vous êtes en mille morceaux.
Mais.
Aussi.
Vous savez.
Vous n’avez pas pu ne pas voir la réalité.
Vous n’avez pas pu ne pas voir la vérité.
Vous savez que ce n’est pas VOTRE faute.
Qui sont-ils? Ces adultes? Ces parents? Et les autres? Les voisins? Les maîtresses et les maîtres? Tous se taisent, par peur de représailles, tous se taisent pour mieux entretenir mensonges et hypocrisies. Ou alors… Adultes sourds et aveugles? Qui sont ces pasteurs et ces curés hypocrites? Vous avez des parents, personnages très importants, très haut placés dans l’échelle sociale, au sein de la Justice, au sein de Palais fédéral, vous savez que le pouvoir est tout ce qui importe à ceux qui lèchent les souliers dans leur seul intérêt.
Toute votre vie est cassée. Vous êtes devenue quoi? Faible? Forte? Qu’en savez-vous? Et après? Vous marchez tel un fantôme. Personne ne vous voit. Votre tête et votre cœur se consument.
Mais je respire. Je suis vivante.
Votre question? Elle flambe devant moi.
Mes doigts s’agitent, tapotent, effrayés, crispés, sur le clavier.
J’ai déjà tellement écrit. Le livre NOIR de mon enfance.
Le livre BLANC plus tard. Grandie. Purifiée.
Je respire à peine.
Mais le présent serait-il un rêve? Un horrible cauchemar? Qu’importe le pardon.Le pardon est lié à la culpabilité. Tout faux.
L’ÉVEIL est plus important.
Katya, «Au nom de tous les enfants maltraités»
Retrouver la paix
A votre question «Pensez-vous que l’on puisse tout pardonner?», je vous répondrai: laissez Brigitte poursuivre son chemin rempli de perles d’espoir. Retrouver la paix avec soi-même est déjà un chemin de pardon. Le temps est notre maître et il faut être patient avec lui. J’ai admiré sa relation avec son arrière-grand-maman qui l’a sauvée, d’une certaine manière. Je conseillerais à Brigitte de lire une nouvelle d’Eric-Emmanuel Schmitt, dans le livre Odette tout le monde et autres histoires. C ’est l’histoire de plusieurs femmes au goulag qui ont décidé d’écrire le plus beau livre du monde pour leurs filles. Je la trouve merveilleuse et Brigitte comprendra certainement. (…)
Anne-Marie Nicod, Versoix
Vos réactions à «Comment je suis devenue l’esclave de ma mère», Femina du 10 janvier 2010

























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