Oh, ce n’est pas que les statistiques s’affolent et pointent soudain vers des sommets de félicité, non, n’exagérons rien. Mais tout de même, on sent comme un frémissement dans les chiffres du mariage, avec un petit 0,1% de plus chaque année, comme si les jeunes couples voulaient conjurer la malédiction divorçatoire de leurs aînés. Alors ils se disent «oui» comme un défi, «oui» comme une preuve d’amour malgré la débandade du couple, «oui» comme s’ils étaient différents des autres.
Mais l’amour n’est pas le seul avertisseur intéressant chez ces aventuriers de l’union officielle: il y a aussi l’argent. De plus en plus, les mariés financent eux-mêmes la fête et cela change tout! Les rituels guindés partent valser à la cave avec les vieux guides d’étiquette et les platées de polenta apparaissent sur les nappes blanches. En papier, si ça trouve, les nappes blanches… L’attitude du moment: OK pour célébrer dignement l’engagement, mais inutile de se ruiner tout de même. Et ce n’est pas Madame Maman qui décide des invités, sous prétexte qu’elle régale.
On pourrait trouver anecdotiques les brassées de marguerites en lieu et place des traditionnelles fleurs d’oranger. On aurait tort. La symbolique est très forte de ces mariages bricolés sur mesure, conçus dans chaque détail aux seules forces de l’imagination et de la débrouille. Ces couples clament ainsi qu’ils inscrivent leur union dans leur histoire personnelle, leur histoire à deux, sans influence ni convention.
Reste à savoir si les copains qui décorent la salle ou mélangent la sangria feront un terreau plus propice à l’amour durable que les familles de jadis. Disons que ça vaut de coup d’essayer.
Éditorial du Femina du dimanche 3 mars 2010













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